APPENDICE II
QU’EST-CE QUE LA PLÈBE DU BAS-EMPIRE ?
Si Leo a méconnu, comme à plaisir, le sens réel des deux textes
où apparaît la capitatio humana, c’est qu’il s’était persuadé, au début
même de ses recherches‘, que la capitatio plebeia, où il reconnaissait
aveè raison un impôt personnel (Æopfsieuer), ne pouvait s'entendre
d’une taxe frappant tout particulièrement les colons. Le cercle des
personnes qui lui sont soumises n’est pas limité, pour lui. à la classe
« plébeienne” ».
Pour ne pas sembler vouloir esquiver un’ problème nous allons
revenir sur le sens du terme plebeius.
Le texte essentiel est une loi de decurionibus du 30 juin 343 :
« Universi omnino ex-praesidibus vel ex-comitibus, qui suffragio
perceperint dignitates, civilibus oneribus muneribusque teneantur
adstricti [plebeiam quoque sustineant capitationem], ne commoda
oublica sub umbratili suffragiorum pactione lacerentur — eos tamen
a praedictis oneribus excipi oportebit qui [vel in administratione vel]
in legationibus publicis versati sunt — [ita ut si quis contra inter-
dictum legis restrae precationem obtulerit, ejus patrimonium fisci
nostri viribus protinus vindicetur|*. »
Le sens général ne fait de doute pour personne. La loi vise ceux
des membres de l’ordre des décurions qui, ayant acquis (légalement
ou non, la chose est à voir) les titres honorifiques de gouverneur
ou de comte, s’en autorisaient pour se soustraire aux charges de la
curie. L'autorité, toujours soucieuse de ne pas affaiblir la curie,
«. P. 1-67.
2. P. 2. ;
3. Cod. Theod., XII, 1, 36. Les mots entre crochets manquent dans Cod. Just.
X_ 6s, 4. Hs ne répondaient plus aux institutions du vi° siècle.