NOUVEL ORDRE ,Tt T RIDIQUE
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Les corps de métiers ne pouvaient donc pas arrêter
l'évolution de la grande industrie ; mais ils entravaient
considérablement son développement. Ainsi, par exem
ple, les bateaux passant par Gand devaient se servir
d’un certain nombre de bateliers (membres de la cor
poration) qui faisaient payer très cher leurs services (1)
A Mons, les statuts des menuisiers défendaient aux
charpentiers d’appliquer à leurs ouvrages aucune pièce
de menuiserie et aux charrons de façonner aucune
caisse de voiture sous peine de confiscation du corps
du délit et de douze livres d’amende (2).
De nombreux procès en résultèrent.
Mais le régime corporatif avait encore d’autres dé
fauts.
Les droits d’entrée de la corporation pour les nou
veaux maîtres étaient devenus presque prohibitifs. A
Tournai, ils se montaient à 192 fl. pour les boulangers,-
à 200 fl. pour les vitriers ; à 220 pour les plombiers,
etc. Et ces chiffres étaient encore peu de chose en
comparaison de ce qu’on exigeait à Bruxelles dans di
vers métiers. Ce fut une réduction importante que pres
crivit le magistrat de cette ville, quand il fixa les
droits d’admission au corps de plombiers à 300 fl. Les
brasseurs payaient 400 fl. ; les étrangers ayant fait
les apprentissages requis durent payer pour obtenir la
maîtrisse 1000 fl. et tous les autres 2000 florins (3).
Il est donc naturel que l’ancienne organisation des
(1) Briavoinne. Mémoire etc. 1. c. p. il2.
(2) Crutzen. 1. c. p. 18.
(3) Ib. p. 38.