fullscreen: Les questions fondamentales du marxisme

LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME = 33 
Marx et Engels ont entièrement adopté cette conception 
dialectique de Hegel sur l’inévitabilité des bonds dans le 
processus du développement. Engels la développe d’une 
manière détaillée dans sa polémique avec Dühring et, à 
cette occasion, il la « met sur ses pieds », c’est-à-dire sur 
une base matérialiste. 
C’est ainsi qu’il montre que le passage d’une forme 
d’énergie à une autre ne peut s’accomplir autrement qu’au 
moyen d’un bond (21). Ainsi, il cherche dans la chimie 
moderne la confirmation du principe dialectique de la 
transformation de la quantité en qualité. En général, les 
lois de la pensée dialectique sont confirmées, selon lui, 
par les propriétés dialectiques de l’être. L’être conditionne 
ici encore le penser, 
Sans entrer dans une caractéristique plus détaillée de 
la dialectique matérialiste (sur ses rapports avec ce qu’on 
peut appeler la logique élémentaire, parallèlement à la 
mathématique élémentaire, voir notre préface à notre tra- 
duction de la brochure Ludwig Feuerbach) (*), nous rappel- 
lerons au lecteur que la théorie qui ne voyait dans le pro- 
cessus de l’évolution que des modifications progressives 
et qui domina au cours de ces vingt dernières années, a 
commencé à perdre du terrain même dans le domaine de 
la biologie, où elle était auparavant à peu près universel- 
lement reconnue. Sous ce rapport, les travaux d’Armand 
Gautier et d’Hugo de Vries semblent devoir faire époque. 
ll suffit de dire que la théorie des mutations de Vries n’est 
Autre chose.que la théorie de l’évolution des espèces s’opé- 
rant par bonds. (Voir son ouvrage en deux tomes Die 
Mutationstheorie, Leipzig 1901-1903 ; son rapport : Die 
Mutationen und die Mutationsperioden bei der Entste- 
hung der Arten, Leipzig 1901, ainsi que ses conférences à 
l’université de Californie, éditées en traduction allemande 
Sous le titre: Arten und Varietäten und ihre Entstehung 
durch die Mutation, Berlin 1906) (22). 
De l’avis de ce naturaliste éminent, le côté faible de la 
théorie de Darwin sur lorigine des espèces est précisément 
l’idée que cette origine peut être expliquée par des chan- 
Jements graduels (**). Très intéressante également et très 
juste est la remarque de De Vries, qui constate que la 
(") Voir l’annexe Dialectique et Logique. 
C*) Die Mutationen, p. 7-8.
	        
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