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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
transport et des instruments de défrichement, et leur
paiera, aussitôt leur établissement dans l’endroit désigné,
un salaire de 40 centavos par jour et par famille durant
une période de six mois au moins, afin de leur donner
le temps nécessaire de faire leurs premières récoltes. Le
tenancier du tambo recevra, à titre de subvention, une
allocation journalière de 50 centavos.
La « Peruvian Corporation », chargée de la construc
tion de la route, obtint sur le côté droit du chemin, depuis
la ville de San Luis de Shuaro jusqu’au Palcazu; une pre
mière concession de 50.000 hectares, puis, successi
vement, d’autres concessions de 30, 50, 60, 110, 120,
200.000 hectares. Ces concessions furent remplacées par
une autre de 500.000 hectares, sur les deux rives du Pé-
réné et sur celles de l’Ené. D’autres groupes d’une im
portance aussi considérable furent par la suite encore
accordés à la « Peruvian Corporation », pour y établir
des colonies : mais cette puissante Compagnie s’occupe
surtout de faire exploiter les richesses naturelles de ses
concessions, principalement celle des arbres à caout
chouc.
III. — Toujours dans le but de fomenter l’exode des
colons et la formation de sociétés d’exploitation, le gouver
nement péruvien édicta à la fin de 1898 une loi dite « loi
de terrains de Montana » dont nous croyons utile de citer
les principaux articles. L’article premier déclare pro
priété de l’État toutes les terres de cette région qui n’ont
pas été acquises conformément au code civil.
Il y a quatre façons d’acquérir les terrains de Montana;
par achat, par concession, par contrat de colonisation et
par adjudication gratuite. Par achat, en payant 5 soles
minimum par hectare; par contrai de colonisation, en
exécutant les conditions stipulées dans chaque cas; par