LA VALEUR COMMERCIALE ET PRODUCTIVE 161
peuple sous les armes, à travers les difficultés que vous
vous rappelez tous.
Voilà donc ce que sont les colonies au point de vue de
la formation des hommes. Elles sont aussi un débouché
pour les capitaux. En 1923, — je vous dirai tout à l’heure
pourquoi je prends 1923 comme type, — on a fait une
statistique des capitaux français investis dans les colo-
nies. Ceux-ci, d’origine métropolitaine pour la plupart,
que des société: - minières, d’armement, bancaires, etc.
— ont mis en œuvre représentaient deux milliards d’ac-
tions et un milliard d’obligations de francs pour l'Afrique
du Nord, et, pour les autres colonies, un milliard d’ac-
tions et 250 millions d’obligations, sans parler ni des
sommes, impossibles à calculer, investies par les parti-
culiers dans leurs entreprises, ni du millard d’emprunts
publics contractés par les départements, communes, etc.
Ces chiffres se sont beaucoup accrus depuis lors. parce
que les colonies sont à la mode et parce que la moindre
entreprise que l’on fait maintenant représente sur le
papier, en chiffres apparents, cinq, six, sept fois plus de
capitaux qu’elle n’en représentait en 1923, où l’on comp-
tait encore en francs-or.
Les colonies sont un débouché pour les marchandises
venant de la France continentale. Ici, je dois rappeler
sommairement la conception extrêmement simpliste que
tous les pays du monde se sont faite à l’origine de leur
domaine colonial. « Nous prendrons, disait-on au début,
les produits locaux. les matières premières, soie ou coton,
le café, le cacao, la vanille, les épices, quelques autres
produits alimentaires, le sucre par exemple, dont les
régions tropicales avaient le monopole avant l'invention
du sucre européen, du sucre de betterave ; nous les amè-
nerons chez nous, sur nos propres navires, et, par contre,
nous ne permettrons aux indigènes de consommer que
les produits fabriqués par nous. » Ce régime était connu
sous le nom de pacte colonial.