Full text: L' empire colonial français

LA VALEUR COMMERCIALE ET PRODUCTIVE 173 
consommation : cela fait 53 000 quintaux métriques, d’une 
valeur de 11 millions de francs. 
Nos poivres représentent 95 1/2 p. 100 de notre consom- 
mation ; 28 300 quintaux d’une valeur de 29 millions de 
francs. Mais qu’est-ce que cela dans l’énormité de notre 
importation totale? 
Le riz représente 86,9 p. 100, 2 060 000 quintaux valant 
246 millions de francs ; le manioc et similaires, 73,7 p. 100, 
475 000 quintaux pour 40 millions de francs, etc. Ce sont 
là des proportions vraiment déjà satisfaisantes. Et plût 
à Dieu que nous les retrouvions dans d'autres articles 
plus intéressants ! Mais, pour le sucre, ce n’est plus que 
38 p. 100 ; pour le cacao, que 35,3 p. 100 ; pour les oléa- 
gineux, que 34,8 ; pour le caoutchouc, que 19,5 ; pour la 
laine, que 6,5 ; pour le café, que 3,1 ; pour le coton, que 
0,9 ; pour la soie que 0,4. Et, si nous voulons mesurer 
l’importance du déficit, il faut savoir que nous payons à 
l’étranger, pour le caoutchouc, plus de 890 millions de 
francs ; pour la soie, plus de deux milliards ; pour la laine, 
plus de trois milliards, pour le coton plus de quatre mil- 
liards (prix de 1925). 
Ces chiffres permettent de mesurer l'énorme tribut que 
nous versons à l’étranger et ce que nous avons le devoir 
de demander sans retard à nos colonies et à nos colons. 
L'écart est vaste. 
Mais il serait très injuste de méconnaître l'effort consi- 
dérable qui a été tenté pour le combler. Et si nous ne 
sommes pas encore parvenus à rapprocher les lèvres de 
la plaie, du moins la blessure, pour d'importants articles, 
a-t-elle cessé d’être béante et permet-elle d’espérer qu’elle 
3e fermera un jour. 
Je ne puis passer en revue toutes nos colonies ni tous 
nos produits ; je prends seulement trois colonies et dans 
chacune trois ou quatre produits comme objets d'étude. 
Ce seront l’A. O. F., l’Indochine, Madagascar. Afin de 
mesurer le progrès, je compare deux années, 1913 et 1925.
	        
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