Full text: L' empire colonial français

LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 209 
temps que la plus proche de toutes nos troupes colo- 
niales. 
En vain alléguera-t-on qu’en présence de l’évolution des 
formes de la guerre et de la prépondérance toujours crois- 
sante du matériel — surtout en aviation — le facteur 
« nombre de combattants » passe au second rang et cède 
la place au facteur chimique et balistique ; il n'en reste 
pas moins que ces derniers exigent, tant pour leur renou- 
vellement que pour leur transport et leur utilisation, un 
personnel nombreux ; et qu’en fin de compte il faudra 
bien en venir à l’occupation des terrains conquis. Toutes 
choses égales, d’ailleurs, une trop grande disproportion 
numérique créerait une infériorité certaine. 
Qu’est donc aujourd’hui cette Armée Noire et dans 
quelle mesure son concours nous est-il assuré? 
On comprendra que nous ne donnions ici que des 
chiffres approximatifs. 
Au début de la grande guerre, elle comprenait six régi- 
ments de tirailleurs et huit bataillons formant corps, 
dont plusieurs éléments stationnés en Algérie, au Maroc 
et à Madagascar. 
Les bataillons d’Algérie, ceux du Maroc furent presque 
immédiatement jetés dans la fournaise. 
Ils y périrent en grande partie après des prodiges 
d’héroïsme, à Dixmude, sur l’Yser et en Champagne. 
Quelques mois après, un régiment envoyé à la hâte com- 
battit dans la Somme. Les hommes qui composaient ces 
unités étaient des volontaires ou des rengagés. 
En 1915, un premier recrutement fournit trente mille 
hommes. En 1917, 40 000 noirs formaient un magnifique 
corps d’armée sous Mangin. 
A la fin de la même année, et en 1918. M. le député 
Diagne et le gouverneur Angoulvant, envoyés en À. O. F.
	        
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