LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIÈS 229
Dans les premières campagnes du Soudan, alors que les
troupes régulières n’étaient pas assez nombreuses pour
faire face aux exigences du moment et résister aux agres-
sions qui se produisaient en des points très éloignés les
uns des autres et à quelques soulèvements, tout en pour-
suivant le programme assigné par les instructions minis-
térielles, j'ai dû créer des compagnies auxiliaires et un
escadron de spahis auxiliaire. Ils portaient la même tenue
que les réguliers avec seulement un petit signe distinctif
au collet.
Les tirailleurs auxiliaires étaient recrutés autant que
possible parmi d’anciens tirailleurs libérés, mais comme
au début de notre occupation du pays ils étaient rares,
il fallait bien aussi engager d’autres volontaires n'ayant
aucun passé militaire et j'en ai toujours trouvé autant
qu’il était nécessaire. Ils n’étaient engagés que pour la
durée de la campagne et, dès l’approche de la saison
des pluies, pendant laquelle aucune opération militaire
n’était plus possible, ils étaient libérés et retournaient
à leurs champs. Leur commandement et leur instruction
étaient confiés à des officiers comptant à l’état-majer
qui en était toujours largement pourvu en prévision de
tout ce qu’il y.avait d’imprévu dans ces premières cam-
pagnes.
Pour l’escadron de spahis auxiliaire, après sa formation
et après en avoir assuré la remonte et l'entretien par les
budgets locaux, je demandai au ininistre de le faire
reconnaître comme corps régulier pour pouvoir proposer
des récompenses, demander des médailles militaires, et
aussi le rendre passible du code de justice militaire. Ma
demande fut accueillie favorablement et ce second esca-
dron subsista jusqu’au moment où l’un de mes succes-
seurs n’en eut plus besoin pour des opérations de guerre
et put le remplacer par des gardes-frontières pour assurer
les taxes de douane à l’entrée dans le Soudan.
Tous ces corns auxiliaires rivalisaient d’ardeur avec