L’APPORT INTELLECTUEL DES COLONIES 257
çaise, — l'étudiant et l’enseignant dans de nombreuses
écoles à la tête desquelles se placent les universités
de Québec, de Montréal et d'Ottawa, bref lui con-
servant, comme à leur vieux pays d’origine lui-même,
un véritable et fidèle attachement. Chacun connaît
aussi le miracle acadien, encore plus étonnant et plus
admirable que le miracle canadien. Grâce à lui, les
abandonnés de 1713, les pauvres persécutés du « grand
dérangement », les frères et les sœurs d’Évangéline, la
touchante héroïne de Longfellow, ont pu revenir — en
partie tout au moins — sur le sol qu’avaient naguère, à
si grand labeur, commencé de défricher leurs ancêtres.
Dans le Nouveau-Brunswick surtout, mais aussi sur
tous ses confins : Maine, Nouvelle-Écosse, îles du Cap-
Breton, du Prince-Édouard, de la Madeleine, aux noms
souvent si français. en Gaspésie, et, par delà l’estuaire
ou golfe du Saint-Laurent, jusque dans le Labrador bas-
canadien et jusqu’à Terre-Neuve, on trouve groupés
des Acadiens. Par l’admirable vigueur de leur natalité,
ces groupes plus ou moins importants de marins, de
pêcheurs, de cultivateurs, toujours catholiques, toujours
francophones, témoignent de la vitalité de notre race et
travaillent en même temps de la manière la plus efficace
à la propagation de la langue qu'ils se sont transmise de
génération en génération, avec la piété la plus admirable
et la plus touchante.
Comme les Canadiens-Français et les Acadiens, les
Français de la Louisiane sont demeurés très attachés
au parler de leurs aïeux. Dans la partie sud de l’ancienne
« terre de Louis », certains coins de campagne contiennent
des agglomérations de « Cadiens », autrement dit de des-
cendants d’Acadiens réfugiés, qui continuent de parler
fidèlement une langue française quelque peu archaïque
— elle date de deux siècles — et remontant au temps
du Grand Roi. Mais c’est surtout à la Nouvelle-Orléans,
autour de ce « Vieux Carré » qui évoque les plus lointains