264 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
de l'Australie, et la présence inême d’une terre française
à peu de distance de jl'ex-Nouvelle-Hollande ne sont pas
sans exercer quelque influence — une influence d’ailleurs
très faible — sur l’étude de notre langue par quelques
colons anglo-saxons du petit continent voisin. Ces faits
imposent à la population française de la Nouvelle-Calédonie
des devoirs qui, s’ajoutant à l’œuvre d’éducation
des Canaques de' l’île elle-même et de ses dépendances.
parfois très lointaines (1), rendent son rôle plus intéressant,
mais aussi beaucoup plus délicat.
Malgré les difficultés auxquelles elle se heurte, elle
remplit ce rôle de son mieux et travaille à mener à bien,
du moins en partie (2), une œuvre d’expansion à laquelle
ne sauraient aspirer les Français des Établissements de
l'Inde, noyés dans l'immense empire britannique des
Indes. Heureux sont ces derniers de maintenir la connaissance
et l’emploi de notre langue dans un pays où s’affirment
de toutes les manières, en face des vieilles civilisations
indigènes, l’hégémonie anglaise et la constante
nécessité de l’usage de la langue des maîtres de la contrée.
Au contraire, les créoles de la Réunion, — l’île Bourbon
de l’ancien régime, — qui ont naguère colonisé l’Ile de
France et fréquenté la côte orientale de Madagascar,
peuvent toujours rendre de grands services à la cause du
français. Soutenir les francophones de Maurice, répandre,
d’accord avec les colons de Madagascar, l’usage de notre
langue parmi les naturels de cette grande terre et, en
même temps, continuer la francisation des éléments allogènes
de la Réunion, quel beau programme d’action pour
les habitants de cette Mascareigne ! Pour le réaliser
(1) Les îles Wallis et Futuna sont situées loin dans le nord-est
de la Nouvelle-Calédonie, au nord-est des Fidji, qui se trouvent
alles-mêmes à 1 220 kilomètres dans l’est-nord-est de la Nouvelle-Calédonie.
(2) La distance n’a pas permis d'établir de communications maritimes
directes entre Nouméa (non plus que Tahiti) et les Wallis.