EXPOSÉ GÉNÉRAL
tablement géniale du roi Léopold précède déjà
les réalisations diplomatiques françaises que fai-
saient entrevoir les premières explorations de
Brazza.
Bismarck lui-même se sent ému de ce soudain
élargissement de la politique européenne. J'ai
connu le temps où la diplomatie classique se
refusait à jeter les veux sur les cartes et nous
reprochait, à nous, les jeunes, de nous lancer
dans une politique « à la Jules Verne ». Il fallut
bien y venir, cependant, et l’arrangement des
23-24 avril 1884, les conventions du 5 février 1885
délimitent le nouveau Congo français, établissent
les premières frontières et un règlement d’en-
semble au sujet de l’Afrique congolaise, en assu-
rant, en outre, à la France, un droit de préférence
en cas de renonciation de l’Association interna-
tionale; et ces arrangements jettent, en même
temps, les bases de cette amitié qui devait unir,
désormais, les deux voisins d’Europe dans une
œuvre commune en Afrique.
Faut-il rappeler que, en même temps, le pro-
blème égyptien est arrivé à un état de tension
et d’acuité qui alourdit singulièrement le jeu di-
plomatique de la France. Jules Ferry croit en
saisir une solution honorable pour toutes les
parties, mais le temps va lui manquer.
Encore une fois, Jules Ferry a subi le poids
simultané de toutes les difficultés colomiales accu-
mulées ; il les a acceptées, il y a fait face ; il a
tracé un programme colonial d’un immense
avenir ; il a obtenu de précieux résultats. Mais
l’injustice du sort et des partis le frappent au mo-
XXI