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cieuse influence. Quant aux Annamites, ils ont de remar-
quables dons d’intelfigence et d'adresse, mais il leur reste
à faire preuve d'originalité. L'École des Beaux-Arts,
récemment fondée à Hanoï, résussira peut-être à les
préserver du piège de l’imitation et à les diriger dans une
voie où s’alliera le goût des traditions et la recherche de
réalisations nouvelles.
Nous sommes maintenant en état de répondre à la
question que -nous nous posions en tête de cette étude :
qu’apporte l’Indochine dans le domaine de l’art? Elle
apporte d’abord une contribution essentielle à l’histoire
des arts asiatiques : quiconque voudra connaître avec
précision ce grand mouvement artistique, dont notre
temps se montre si justement préoccupé, ne saurait faire
abstraction du pays où les deux grandes forces qui ont
exercé leur action dans ce mouvement, celle de l’Inde et
celle de la Chine, sont entrées en contact et où l’une au
moins s’est diversifiée avec tant de vigueur et d’éclat.
Elle nous apporte en outre une quantité de motifs ingé-
nieux, dont l’art décoratif de l’Occident pourrait faire
son profit. Et enfin les destinées si différentes de ces écoles,
le mystère de leurs rapports avec la souche originelle,
leur indépendance réciproque dans le contact le plus
étroit, l’action de la race, les effets des facteurs politiques,
dans le domaine de l’art, offrent à ceux qu’intéresse
l'histoire de la civilisation un sujet d’études que peu
d'autres contrées seraient en état de leur fournir aussi
riche et aussi complèt.