LES PROBLÈMES GÉNÉRAUX 319
Or, nous nous rencontrons à ce propos avec les grandes
puissances d'Europe, d’Amérique et d’Asie qui donnent
toute leur attention au problème chinois.
Il est, d’ailleurs, facile de comprendre l’attraction
qu’exerce sur les grandes puissances industrielles ce
pays vaste comme un continent, cet immense marché
de 400 millions d’habitants, qui n’a pas d’organisation
industrielle, ni d’organisation commerciale et qui, d'autre
part, possède de considérables richesses agricoles et
minières encore inexploitées.
La Chine, en effet, est le seul pays d’Extrême-Orient
qui, jusqu’à présent, soit resté réfractaire au progrès
industriel. Or, il est certain que, soit par la voie d’une
évolution économique spontanée, soit par le moyen d'une
intervention étrangère imposée directement ou non, la
Chine sera amenée, dans un avenir plus ou moins éloigné,
à mettre ses ressources en valeur. Cela signifie qu'il fau-
dra y construire des chemins de fer, des routes, des ou-
vrages d’art et des usines. Cela signifie encore que le
marché chinois. qui est déjà très riche aujourd’hui,
le sera davantage encore demain.
Ce développement économique, auquel la Chine est
inévitablement vouée, cette mise en valeur d’un terri-
toire énorme, qui promet tant de profits à ceux qui pour-
ront y participer, voilà le secret des événements qui se
déroulent en Extrême-Orient, et la question qui se pose,
à ce sujet, est de savoir lesquels triompheront finalement
des intérêts antagonistes qui se trouvent en jeu — ceux
de l’intérieur comme ceux de l'extérieur.
On sait quelle est la crise de désordre et d’anarchie
dont souffre la Chine, et l’on devine facilement toutes les
ambitions que cet état de choses a fait naître.
L’incertitude même des nouvelles qui nous parviennent
de Chine et leurs constantes variations semblent être
l’image de l’incohérence qui règne en maîtresse incontestée
en ce pays jadis si civilisé — trop civilisé.