xxxvi1l : L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
tous les peuples ; il fut consolidé par les traités et
par cette adhésion universelle parce qu’il était
conforme à l’équité et aux intérêts de tous qu’il
en fût ainsi. La plus loyale des diplomaties obtint
le plus loyal des assentiments.
J'espère, qu’après ces explications, on voudra
bien reconnaître que cet Empire est, à sa base,
pur de toute-compromission et de toute intrigue.
Il est français et uniquement français. Quand
l’événement de Fachoda, tant exploité par les
polémiques intérieures, se produisit, cet empire
était, fort heureusement, constitué. La conven-
tion de juin 1898 avait assis, sur des bases iné-
branlables, le puissant bloc colonial africain.
L'édifice est élevé. La tâche de la diplomatie
coloniale est-elle achevée? Je ne le crois pas. Oui,
notre empire colonial est arrivé, selon l’expression
de Vergennes, à un état « d’arrondissement sulli-
sant ». La France ne réclame rien, elle ne prétend
à aucune terre nouvelle. Elle est affranchie de
tout impérialisme en politique coloniale comme
en politique européenne. La grandeur, la variété,
les richesses de son empire lui suffisent. Le beau
livre de M. Sarraut : La Mise en valeur des co-
lonies françaises, est, à la fois, un excellent tableau
de ce qui nous est acquis et un programme
de ce qu’il convient d’y faire. Il assure, pour le
passé et pour l’avenir, cette unité de vues qui ne
peut que se préciser encore par l’active vigilance
de ses successeurs.