L’AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE 39
Villaumez des établissements du Gabon, simple point de
relâche pour la marine, comportant atelier de répara-
tions, et la fondation de Libreville avec des noirs pris sur
un bateau négrier et délivrés de l’esclavage dont ils
étaient menacés. À cette époque les vues du département
de la marine qui a charge des colonies ne dépassent pas
l’horizon restreint des points de relâche où les officiers
descendent à tour de rôle pour y chercher des distractions,
parmi lesquelles la chasse dans les environs immédiats
est à coup sûr la plus innocente et la plus hygiénique.
Peu se demandent ce qu’il peut y avoir au delà ;il leur
suffit de savoir que la côte est inhospitalière, le pays
sans routes, et les habitants sauvages.
L’un d’eux, cependant, d’origine italienne, se préoc-
cupe, après que Marche et le marquis de Compiègne ont
exploré çà et là, de reconnaître le fleuve Ogooué et de
rejoindre, en remontant son cours, la grande nappe d'eau
que les noirs lui ont dit exister dans l’intérieur. Et c'est
le point de départ de notre expansion dans cette partie
de l’Afrique dont de Brazza obtient qu’elle soit d'abord
détachée de Gorée — rade de Dakar — pour être combinée
avec les établissements du golfe de Guinée, jusqu'au
moment où, en 1883, sera créée la colonie du Gabon.
Les premières explorations de de Brazza coïncident avec
le premier grand voyage de Stanley « à travers les té-
nèbres de l’Afrique », à la recherche de Livingstone. Et
l’on sait comment, ensuite, le roi Léopold II de Belgique,
qui vient de fonder l’Association internationale africaine
pour lutter contre l’esclavagisme noir, obtient les ser-
vices de l’explorateur anglais qui, cette fois, remonte le
fleuve Congo dont il a, précédemment, reconnu les rives
et les affluents, pour aller en hâte fonder, après avoir
créé des établissements sur la côte, une grande station
sur les bords de cette sorte de lac formé par le fleüve en
amont des premiers rapides, et qui prendra son nom :
Stanley Pool. Mais de Brazza devance en ce point son