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Les sociétés coopératives de consommation.
La théorie et le mécanisme de ces sociétés sont suffisamment
connus pour que nous n’ayons pas besoin
de nous y étendre ici. Elles apparaissent à un moment
défini de l’évolution capitaliste au moment où les
formes classiques du capitalisme commencent à fléchir.
Ces formes classiques sont la grande entreprise par l'entrepreneur
indépendant et la société par actions. La
seconde représente elle-même un fléchissement du capitalisme,
L’entrepreneur à son compte est remplacé par
le directeur salarié, qui n'apporte évidemment plus à son
œuvre le même élan. Il n’est plus propriétaire, du
moins plus exclusivement. Le propriétaire, c’est l’actionnaire
et rien n’empêche le consommateur d’être parmi
les actionnaires des maisons qui couvrent ses besoins
et d’apporter à l'assemblée générale quelque chose d’une
mentalité capitaliste pure, orientée vers le seul prolit
du producteur. La coopérative représente le dernier
stade de ce développement, celui où l'organisme capitaliste
est entre les mains des consommateurs, à l'exclusion
de tous les autres. Que la société coopérative soit
une organisation capitaliste, quoique les doux rêveurs
qu’elle contient encore voient en elle une organisation
destinée à évincer le capitalisme (on peut fort bien être
évincé par son semblable), cela résulte évidemment du
sens dans lequel elle dévie peu de temps après sa création.
Le Dr Hans Müller, ancien secrétaire de l’Union
suisse des sociétés de consommation, s’indigne en près