110 —
Les sociétés coopératives de consommation.
La théorie et le mécanisme de ces sociétés sont suf-
fisamment connus pour que nous n’ayons pas besoin
de nous y étendre ici. Elles apparaissent à un moment
défini de l’évolution capitaliste au moment où les
formes classiques du capitalisme commencent à fléchir.
Ces formes classiques sont la grande entreprise par l'en-
trepreneur indépendant et la société par actions. La
seconde représente elle-même un fléchissement du capi-
talisme, L’entrepreneur à son compte est remplacé par
le directeur salarié, qui n'apporte évidemment plus à son
œuvre le même élan. Il n’est plus propriétaire, du
moins plus exclusivement. Le propriétaire, c’est l’ac-
tionnaire et rien n’empêche le consommateur d’être par-
mi les actionnaires des maisons qui couvrent ses besoins
et d’apporter à l'assemblée générale quelque chose d’une
mentalité capitaliste pure, orientée vers le seul prolit
du producteur. La coopérative représente le dernier
stade de ce développement, celui où l'organisme capi-
taliste est entre les mains des consommateurs, à l'ex-
clusion de tous les autres. Que la société coopérative soit
une organisation capitaliste, quoique les doux rêveurs
qu’elle contient encore voient en elle une organisation
destinée à évincer le capitalisme (on peut fort bien être
évincé par son semblable), cela résulte évidemment du
sens dans lequel elle dévie peu de temps après sa créa-
tion. Le Dr Hans Müller, ancien secrétaire de l’Union
suisse des sociétés de consommation, s’indigne en près