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Si, même pour le travail proprement commercial,
«les capacités, évidemment faisaient défaut », comme
nous croyons l'avoir démontré, si par conséquent « les
groupements de consommateurs payèrent fort cher leur
période d'apprentissage » *, on peut se représenter audevant
de quelles difficultés allaient les coopératives
qui se lancèrent dans la production. Elles y étaient
doublement incompétentes, et directement, par l’absence
de préparation de leurs dirigeants, et indirectement,
par leur caractère de sociétés commerciales et non industrielles,
On avait compté sur l’enthousiasme collectiviste
de l’ouvrier des coopératives de production, soidisant
propriétaire des moyens de production. Mais
comme il est, en fait, un salarié comme les autres, avec,
en moins, l'espérance de se rendre un jour indépendant,
le zèle qu'on attendait de lui fit défaut ?. On avait oublié
que l’ouvrier révolutionnaire ne se représente pas
la société future sous les mêmes couleurs qu’un théoricien.
C’est essentiellement, pour lui, une société où l’on
pourra vivre sans travailler. Le bonheur universel porte
le masque de la paresse * Dans ces conditions-là, l’ouvrier
des coopératives est surtout un monsieur appliqué
à en faire le moins possible, d’où une élévation sensible
du coût de la production. Si les coopératives ne vendaient
que des marchandises produites par elles-mêmes,
elles iraient rapidement à la catastrophe, à moins
de posséder un monopole qui leur permette de relever
tes prix * Ce n’est donc qu’avec la complicité de l’éco-!
Brandenberger, La Croisée des routes, p. 2.
? V. sur ce sujet, le paragraphe B. IL, p. 9, de Beuttner
« Entläuschungen ».
$ Cf. Ford, passim, dont l’opinion est abondamment étayée
£t confirmée par toute la politique syndicale.
* Cf. les déficits de la boulangerie de PA. C. V. N’y peuvent
être engagés que des socialistes. Tout autre qu’eux y