149 —
» principe hostiles à l’immixtion de l'Etat dans leurs af-
» faires, elles ont pu non seulement approuver certaines
» de ses interventions, mais les réclamer avec énergie
» parfois. Mais il (le commerce de détail) est l'ennemi
» déclaré et résolu de l'Etat. qui, par des mesures poli-
» cières, chicanières et bureaucratiques essaie de l'en-
» serrer dans ses mailles de fer. »
Le but de l'Etat, c’est le bien de la collectivité. *, *
Si l'Etat et la collectivité elle-même arrivent à ètre
en désaccord sur la question de savoir où est le bien de
celle-ci, le premier finit toujours par avoir le dessous,
compromettant dans sa reculade les intérêts qui se sont
solidarisés avec lui. Aussi la politique négative est-elle
condamnée à l’échec aussitôt qu’elle contrarie des cou-
rants vraiment puissants de l’évolution économique et
sociale :
«Le résultat des exigences négatives de la classe
moyenne est un résultat négatif », dit Faucherre *, qui
cite l'exemple de l'interdiction faite en plusieurs lieux
aux coopératives de vendre aux non sociétaires. Il en
est résulté le renforcement des coopératives par l’aug-
mentation du nombre des membres et du capital social *
t Ch. Blanc et R. Jaccard, op. cit, p. 23.
? Les adversaires du petit commerce ne manquent pas
de signaler malignement à toute occasion que les petits
commerçants ont été libéraux aussi longtemps que l’éco-
nomie libérale ne s’est pas retournée contre eux. Cf. à ce
point de vue Faucherre, Die wirtschaftliche Lage des
Kleindetailhandels, p. 4.
$ Die wirtschaftliche Lage des Kleindetailhandels, p. 48 :
» Das Resultat der negativen Mittelstandsforderungen ist
» ein negatives. »
* Les détaillants allemands semblent avoir attendu mer-
veille de cette interdiction. Cf. Wernicke, Kapitalismus u.
Mittelstandspolitik, p. 380. Cependant, une réunion de re-
présentants de chambres de commerce tenue à Osnabrück
le 9 décembre 1895, les avait mis en garde en ces termes
(Ibid, p. 406) :