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ses timbres d’escompte ou timbres-rabais, s'exprime en
ces termes :
« Imagine-t-on que les timbres-rabais n'existent pas
» aujourd’hui ? Chacun sait combien les coopératives de
» consommiation et les « grands magasins » font d'efforts
» pour accaparer autant que possible la puissance d’a-
» chat du public. C’est tout un essaim de moustiques (!)
> qui en veulent terriblement au petit négoce ! Où en
» serions-nous sans les timbres-rabais ? Que le lecteur y
» réfléchisse et il appréciera bientôt doublement les bien-
» faits du service d’escompte » *.
L’escompte consenti par les détaillants peut très bien
être envisagé comme un équivalent qu’ils offrent à leur
clientèle de la ristourne des sociétés de consommation.
Cette conception est juste historiquement : elle était
sans aucun doute au premier rang des préoccupations
des fondateurs d’une quantité de ces services. Mais ces
services, nous l’avons vu, ont une signification beaucoup
plus profonde. C'est ce qu’ils sont en réalité, et non ce
que leurs fondateurs voyaient en eux, qui importe pour
assurer leur vitalité économique. Aussi trouvons-nous
peu raisonnable l’opinion de Faucherre, qui les consi-
dère comme une sorte de provisoire que les petits com-
merçants ambitionneraient de supprimer à La première
occasion, c’est-à-dire dès le moment où les coopérati-
ves auraient cessé d’être dangereuses ?.
1 Article : Le timbre-rabais, dans le Journal suisse des
Artisans et Commerçants, 1er avril 1929, p. 56.
2 V. Faucherre, Die Händler-Rabattsparvereine, p. 95 :
«Der Kleinhändler organisiert sich nur gezwungen; er
» betrachtet seine Organisation auch nur als ein Proviso-
»rium, um die notwendigen Kräîte sammeln zu kônnen, die
» ausreichen, die wirtschaftlichen Gegner (Konsumvereine
und Warenhäuser) niederzubringen, um alsdann wieder
»zu den alten überlieferten Formen des Detailkleinhandels
» zurückkehren zu kônnen. An dieser Aufgabe sollen sich die
» Konsumenten in hervorragender Weise beteiligen, indem