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» l’abaissement de nos frais d’intermédiaire. L'orateur
» est heureux de constater qu’à l'étranger également, on
» est d’avis que les coopératives d’achats doivent entrer
» en contact entre elles sur le terrain international. »
Le but même de l’organisation corporative du com-
merce de détail, c’est de conserver aux détaillants indé-
pendants leur indépendance. Il est par conséquent
essentiel de montrer que leur principale arme corpo-
rative et coopérative, l'achat en commun, n’est pas un
instrument d’asservissement. Brandenberger revient ail-
leurs * sur ce point capital en ces termes :
« Depuis des années, l’Association suisse des grossis-
»ies en denrées coloniales a boycotté l’organisation
» d'achat des détaillants, c’est-à-dire l’« Union » d’OI-
»ten. Une amende de 5000 fr. doit punir les coupables.
» Qu’avons-nous fait ? Nous avons laissé nos membres
» entièrement libres d'acheter où bon leur semble, où ils
» croient trouver un profit. Et le résultat ? Le boycott a
»lamentablement échoué. L'« Union », cependant, ne
» connaît pas encore l’obligation d'achat et ne la con-
»naîtra jamais. Voilà la vraie libre concurrence. Elle
»rend de précieux services aux détaillants et leur ap-
» prend à ouvrir les yeux pour voir où se trouvent leurs
> véritables intérêts. »
Ce principe de liberté est la pierre angulaire de la
société d’achat en commun. Il la met au-dessus de cri-
tiques trop faciles qui lui ont bien des fois été faites. On
a en effet souvent objecté aux sociétés de détaillants
qu’elles réclament le droit d'association pour elles et
qu’elles le combattent chez les consommateurs. Nous
avons déjà vu, dans notre première partie, ce qu’il fallait
penser de ce genre d'arguments. On feint d'ignorer que
la tendance des sociétés coopératives de consommation
est avant tout d’englober le commerce, sous ses multi-
La Croisée des Routes, page 17.