Full text : La crise du petit commerce

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CHAPITRE DEUX

La vérité derrière l’apparence.

Dans le chapitre précédent, nous avons tenté de montrer
 comment un observateur superficiel a de multiples
raisons de considérer comme particulièrement enviable
la situation du petit commerçant. Nous avons dépeint
une façade brillante, en tâchant d’en laisser voir le
moins possible, sinon dans nos notes, les profondes
lézardes. Ce n’était pas un simple jeu de l’esprit. En
effet, si l’on n’a pas essayé de se leurrer soi-même sur
la situation véritable du commerce de détail, on n’arrivera
 que difficilement à comprendre comment tant d'autres
 se trompent et s'engagent, pour leur malheur comme
 pour celui de leurs concurrents, dans une carrière
qui ne leur réserve que des déboires.
Nous avons affirmé, avec Sombart (pp. 9 et 15).
qu’il n’était pas possible de démontrer à priori qu’il
eût trop de commerçanis. Mais, à défaut de démonstration,
 on peut réunir des indices si nombreux d'un encombrement
 nuisible de la carrière commerciale qu’il en
résulte une certitude morale.
L'exagération de la force numérique de la classe
commerçante doit être considérée comme la cause la
plus importante de l’état de misère dans lequel se débattent
 de nombreux éléments de cette classe. Ce que
nous prenions pour un signe de prospérité, au chapitre
précédent, se trouve être, en fait, une plaie vive dont la
guérison apparaît bien difficile. Le mal est aujourd’hui
plus grave que jamais, mais ses origines sont déjà anciennes,
 En 1850 déjà, John Stuart Mill disait qu’on
pourrait très bien se passer des neuf dixièmes des bou-
            
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