97
Il existe une concurrence intellectuelle, comme il existe
une concurrence proprement commerciale. Précisément
parce que les qualités qui font un commerçant moyen
sont assez répandues, il faudrait s'élever au-dessus de la
moyenne pour aller au-devant du succès * au lieu d’ap-
porter dans l’exercice de la profession un bagage de ca-
pacités égal à zéro. Une valeur personnelle qui eût suffi
en d’autres temps à assurer une belle position réussit
tout juste aujourd’hui à vous permettre de végéter dans
la médiocrité :
« Les qualités intellectuelles et morales qui sont né-
» Cessaires pour faire un commerçant et un industriel
» capables deviennent chaque jour plus répandues, du
» moins à un degré moyen. La diffusion de l’instruction
» et l'amélioration même de l’éducation font que les ca-
Notre enseignement semble se proposer l'adaptation de ses
pupilles à un type nettement capitaliste de société. Aussi
comprend-on que le Congrès international des classes
moyennes ait reconnu la nécessité «d’un enseignement per-
» mettant de préparer les cadres directeurs des classes
» moyennes », et « d’un enseignement supérieur adapté aux
» circonstances spéciales des classes moyennes en vue de
» permettre à celles-ci de remplir leur mission dans la
» société ». (Résolutions du congrès de 1924).
CÎ. aussi la remarquable thèse du Dr Daniel Briod (Li-
brairie Payot et Cie, Lausanne, 1929) intitulée : « La science
de la vente et sa place dans l'enseignement commercial ».
! Et le succès viendrait, il vient du reste fréquemment,
malgré l'affirmation découragée de la Chambre des métiers
de Leipzig qui, dans son rapport pour 1905, page 89, préten-
dait que, dans les conditions actuelles, toute défense du
petit commerce par lui-même est inutile (versagt alle Selbst-
hilfe). Le député van der Borght était d’un autre avis,
quand il disait, à la Chambre des députés de Prusse, le 27
février 1900: «Eine allgemeine Notlage des Kleinhandels
» besteht überhaupt nicht. ich kônnte Ihnen aus der Praxis
» Beispiele genug anführen, die beweisen, dass tüchtig gelei-
tete Geschäfte mit hinreichender Kapitalkraft durchaus
» nicht den Kampf mit den Warenhäusern scheuen ». (Cf.
Wernicke, Kapitalismus u. Mittelstandspolitik, pages 161
et 261).