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Ce n’est pas sans motif que nous avons négligé de
citer‘ parmi les victimes des liquidations forcées de
petits magasins les grossistes, qui sont pourtant les premiers
à essuyer une perte quand un petit détaillant suspend
ses payements. Mais pour certains grossistes en
tout (cas, ces pertes font partie des frais normaux du
métier ; elles n’empêchent pas celui-ci d’être fort pro-‘itable.
Le grossiste peu consciencieux a intérêt à avoir
affaire à des détaillants qui ne connaissent pas les marchandises
: cela lui donne l’occasion d’écouler des rebuts
au prix fort, occasion que ni les colporteurs ni les
stalages ambulants ne lui offrent au même degré, vu les
frais considérables qu’ils causent (patente) et l’étroitesse
du marché (nécessité de se procurer des autorisations,
lesquelles ne sont valables que pour peu de temps,
etc.). Le grossiste a aussi intérêt à se trouver en face
d’un détaillant auquel manque l’argent liquide, de façon
à le mettre dans sa dépendance par les crédits qu’il lui
accorde (Cf. note 1, p. 32). La France, qui ne connaît
que trop les détaillants commandités (travaillant avec
l'argent du grossiste) et les détaillants concessionnés
(sorte de gérants de succursales tenant le magasin en
leur nom propre), mais qui est aussi le pays des formules
heureuses et des dénominations pittoresques,
parle de « clients tenus » *. Tenus, ils le sont, et même
de court :
« Les « propriétaires » de ces magasins sont en réalité
> bildung, sich etablieren und dann bald jàmmerlich Fiasko
»)machen und schliesslich zu Schleuderausverkäufen ge-»zwungen
werden, schaden den soliden Geschäften am
» meisten. » (J. Blumer-Egloff, op. cit, p. 10. Cf, pour l'ensemble
de l'argumentation du professeur Schulze, les pages
) à 11).
1 On les nomme à Paris des «attachés». Cf. Clerget, op.
cit, p. 13.