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nimes * de chaque marchandise, perdant ainsi le béné-
fice de l’achat en gros, comme il perd déjà celui de
l’achat au comptant. En outre, il payera pour le trans-
port de ces petites quantités des sommes exagérées. °
Les conséquences du manque de place dans les pe-
lits magasins sont encore aggravées par le fait que ceux-
ci sont souvent encombrés d’objets invendus ou inven-
dables, « par l’accumulation de soldes provenant d’une
» première installation mal étudiée » (Clerget) et qui re-
présentent non seulement une perte d'espace, mais un
capital mort et même, en partie, un capital perdu. Car
le remède unique à leur présence, ce sera la liquidation
au rabais, opération douloureuse, mais d'autant moins
onéreuse qu’elle interviendra plus tôt.
On a beau n’occuper que des locaux minuscules, res-
reindre tant qu’on peut les dépenses de chauffage et
d’éclairage, bref, peser de toutes ses forces sur les frais
sénéraux, ceux-ci ne se laissent pas réduire dans la
proportion où se réduisent les ventes, de sorte que, « vis-
>à-Vis de ses concurrents, le petit commerce se trouve
» en état d’infériorité par la disproportion entre le chif-
>îre d’affaires et l’exagération des frais généraux... »
(Clerget, loc. cit.). La conséquence en est que, comme
il est impossible de se passer de lui, le petit commerce
renchérit la vie. Un Allemand, €. M. Rieck * prétendait,
en 1917, qu’il en doublait le coût. Ce chiffre est certai-
: Ce qui ne l’empêchera pas de n’être jamais en mesure
de servir à ses clients de la marchandise fraîche.
* «Les moyens d’information, de propagande par la voie
»des annonces, des envois de prospectus ou d’échantillon,
> sont tous aussi à l'avantage du grand commerce ; il en est
»de même des moyens de transport qui d’abord offrent des
» prix relativement plus faibles pour les grosses expéditions
» que pour les moindres. » (Leroy-Beaulieu, op. cit, p. 315.)
3 C.-M. Rieck : Verschwendung im Handel (Eugen Diede-
richs, Jena, 1917), cité par Faucherre,Mittelstandsbewegung
und Konsumgenossenschafîten, p. 15.