Full text : Le travail dans l'Europe chrétienne au moyen âge (Ve-XVe siècles)

LA CONDITION DES CLASSES URBAINES 271

recourent à toutes les armes, les ententes secrètes, les
orèves des métiers, voire même la grève générale, comme à
Bologne, la conspiration, les batailles de rues, pour se
saisir du pouvoir municipal. Partout les popolani s’organisent
 en milices avec leurs capitaines du peuple, se concertent
 sous la direction des chefs, prieurs et anciens de
métiers (arti), afin d’évincer les nobles du gouvernement
(la seigneurie), des conseils et des magistratures. Milan et
Brescia (1200-1286), Reggio, Pistoie, Pise (1254), Gênes
(1257-1270), Sienne et Arezzo (1283) et surtout Bologne
(1257-1271) et Florence (1250-1293), sont les principaux
théâtres'de ces luttes dramatiques, d’où le patriciat des
nobles sortit vaincu, décimé par les proseriptions et les
massacres, ruiné par les confiscations. La coalition bourgeoise
 et démocratique victorieuse leur ferma l’accès des
conseils et des charges. Efte fit de l’exercice d’un métier la
condition de l’octroi des droits politiques. Elle livra
l’autorité exécutive aux capitaines du peuple ou gonfaloniers,
 chefs des milices populaires, les conseils aux prieurs
at aux recteurs des métiers. Le gouvernement et les assemblées
 furent placées sous l’influence des masses popalaires,
 mais en général c’est aux arts mineurs que s’arrêta
la concession des droits politiques. Le menu peuple des
salariés resta en dehors de la cité. :
En France méridionale, la révolution présenta des caræctères
 analogues et ne profita pas davantage aux couches
profondes de la démocratie. A Marseille (1213), à Avignon
(1225), à Arles (1225), à Nîmes (1272), à Carcassonne (1226),
à Montpellier (1246), les métiers parvinrent, parfois par
l’émeute, à pénétrer partiellement dans les conseils et
dans les parlements, quelquefois même à forcer l'accès des
magistratures (consulats). Partout, sauf aux Pays-Bas, le
bas peuple, d’ailleurs en général alors inapte à la vie
publique, ne bénéficia pas de la conquête ou du partage
du pouvoir municipal, dû à l’énergie des démocraties
arbaines. Cette victoire fut cependant pour l’ensemble
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.