360 LA FIN DU MOYEN AGE .
monde ; la science nautique se perfectionne, la boussole se
généralise, la cartographie marine progresse, grâce aux
Vénitiens, aux Génois eb aux Catalans. On commence
à connaître les ressources de la Moscovie et de l’Asie
centrale et orientale. Les Italiens envoient jusqu’au Soudan
leurs agents commerciaux. Lies Espagnols et les Normands
explorent les côtes d’Afrique et découvrent les
Canaries au XIVÉ siècle, les Portugais, le Sénégal, les
Açores, le cap Vert, le Congo, la Guinée au xye siècle,
tandis que les Dieppois parviennent à la Côte d’Ivoire et
les‘ Bretons à Terre-Neuve. Le monde vit déjà dans
l’attente du grand événement qui va lui révéler les merveilles
des Indes et du Nouveau Monde.
La Méditerranée reste le principal centre du commerce
universel, et l’Italie y garde la première place. Venise a
remplacé Byzance, est devenue le premier entrepôt de
marchandises de l’univers, et les Vénitiens passent pour
« les seigneurs de l’or de toute la chrétienté ». Ils importent
annuellement en Occident, au début du xve siècle,
L0 millions de ducats (168 millions de francs) de produits,
dont plus d’un tiers en Italie, et ils achètent, rien qu’en
Égypte, la valeur de 25 millions’ de francs. Au-dessous
d’eux, d’autres puissances italiennes, Gênes, Florence, participent
au trafic de la mer Noire et de l’Archipel, de
l’Asie occidentale et de l’Afrique du Nord, source d’immenses
profits. Elles y joignent celui de l’Occident, où elles
ont établi, au x1ve et au xve siècle, une foule de comptoirs,
ceux de Lyon, de Paris, de Rouen, de Londres,
de Bruges et d’Anvers et bien d’autres, et celui des pays
lointains de l’Europe centrale et orientale. A côté d’eux,
les Espagnols et les Portugais se préparent au grand rôle
qu’ils vont jouer à l’époque des découvertes. Barcelone,
Palma et Valence disputent à Gênes et à Venise l’empire
de la Méditerranée et le commerce d’Afrique. Catalans,
Castillans, Basques et Portugais créent des comptoirs sur
toutes les côtes de l’Atlantique, depuis la Rochelle jus-