398
LA FIN DU MOYEN AGE
Sogne 160.000 écus d’or. En Angleterre, les rois de la maison
d’York ont mis la main (1460) sur le cinquième du sol.
Mais les souverains ne savent pas maintenir l’intégrité
de cette propriété, qui se morcelle an profit des grands et
de l’Église:
Malgré les mesures prises partout contre l’extension
des biens de mainmorte, la propriété ecclésiastique
s’agrandit d'une façon monstrueuse, qui va provoquer
partout l’appétit des sécularisations. Dans les Deux-
Siciles, l’Italie du centre et du N ord, le clergé au xve siècle
détient les deux tiers et parfois les quatre einquièmes des
terres ; son capital foncier s’éleva dans l’État vénitien à
129 millions d’équs. Dans les Castilles, où il possède du
tiers au cinquième du sol, il a unrevenu de 10 mil-
lions de ducats. En France, ruiné par la guerre, il recons-
titue en cinquante ans sa richesse foncière, au point qu’il a
recouvré du quart à la moitié du territoire, et qu’il en retire
un revenu supérieur à celui de l’État, à savoir 5 millions
de livres tournois de revenu (100 millions de francs). Le
revenu du clergé d’Angleterre est douze fois supérieur à
celui du'roi, et il détient à peu près la même proportion du
sol qu’en France. Cette proportion s’élève du tiers ou de la
moitié aux deux tiers en Allemagne, dans les Pays scandi-
naves et en Europe orientale.
Une minorité de grands seigneurs, barons, landlords,
Magnats, seigneurs souverains (landesherren), possèdent
parfois d’immenses domaines qu’ils nomment des États
(estados, estates) en Espagne et en Angleterre, disséminés
ou d’un seul tenant. Un Colonna au xye siècle, en Italie, a
97 fiefs et 150.000 vassaux ; Un Villena en Castille
30.000 censitaires et 100.000 ducats de revenus ; un due
d’Orléans 540.000 livres de rente ; un duc d'Anjou 400.600 ;
un la Trémoille 336.000 ; un Rohan 280.000. Un lord
Cromwell en Angleterre tire de ses biens 66.000 sterling de
rente et les princes allemands la valeur de 240.000 marks
en moyenne chacun, le dixième du revenu qu’aura Char-