RÉVOLUTIONS ET CLASSES URBAINES 403
suivant les conventions. On le vit descendre au quart ou
même au huitième de la rente foncière en Provence, à
3,13 p. 100 et à 2,33 p. 100 du revenu dans diverses
régions françaises, tandis qu’en Angleterre, où les fermiers:
furent surtout de grands entrepreneurs d’élevage à partir
du xv° siècle, ce taux haussa progressivement, enrichissant
à la fois bailleurs et preneurs.
T’association de culture (mezzadria, colonat partiaire,
métayage) prit une extension parfois plus considérable que
le fermage, notamment en Italie, en France méridionale et
occidentale, en Espagne orientale et dans les Pays Rhénans.
Plus accessible aux paysans dépourvus de capitaux, elle
leur assurait parfois, quand la demande de bras dépassait
l’oftre et quand il fallait mettre en valeur des terres
ineultes ou mal cultivées, des avantages appréciables. On
voit, en Provence et en Italie, nombre de métayers astreints
seulement à payer le cinquième, le quart, le dixième du
produit de l’exploitation, ou même une rente variable avec
ce produit. Mais le plus souvent aussi, ils paient rigoureusement
la moitié de la rente foncière au maître, et leur
indépendance économique est bien moindre que celle du
fermier. En Toscane il leur est interdit d’émigrer à la ville;
de quitter la terre sans avoir payé leurs dettes, et les pouvoirs
disciplinaires du propriétaire à leur égard se rapprochent
sensiblement de ceux que le seigneur exerçait jadis
gur le vilain franc. Il est vrai que le métayer n’aliène sa
liberté que pour une courte durée, un an, quelquefois davantage,
par exemple dix ans en Provence, mais il wa en
revanche ni la stabilité de l’ancien tenancier censitaire, ni
la situation privilégiée de l'entrepreneur de culture.
Plus encore que le fermage et que le métayage se développent
à la fin du moyen âge. les diverses formes du salariat
agricole. Les journaliers libres, apparus pendant la
période précédente, se grossissent des tenanciers censitaires
évincés, aussi. bien que des paysans sans autre ressource
que la location de leur travail, ou que de ceux (les