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428 ^ ŒUVRES DIVERSES.
On prétend que c’est le taux de l’intérêt, et non le prix des lin
gots d’or et d’argent, qui doit servir de critérium pour apprécier l’a
bondance de la monnaie de papier. Ainsi, si elle était trop abondante,
l’intérêt baisserait; si, au contraire , elle était insuffisante, l’intérêt
hausserait. Il est facile de prouver, je crois, que le taux de l’in
térêt ne se règle pas sur l’abondance ou la rareté des agents moné
taires, mais sur l’abondance ou la rareté de cette portion du capital
i qui ne consiste pas en argent. ^
1 « Comme tous les autres instruments des échanges, la monnaie,
» dit le docteur Smith, ce grand moteur de la circulation, tout en
» constituant une partie, et une partie très-précieuse du capital, ne
» concourt pas à la formation du revenu de la société à laquelle elle
» appartient. Et quoique les signes métalliques dont elle se compose
» distribuent à chacun, dans le cours de leur circulation annuelle,
» son revenu légitime, ils ne font eux-mêmes nullement partie de ce
» revenu.
» Lorsque nous calculons la somme d’industrie qui peut servir à
.» alimenter le capital circulant d’une société, nous ne devons con-
>' stamment avoir égard qu’à ces trois parties du capital qui'consistent
.) en vivres, en matières premières et en ouvrage fait. La qua-
\ « trié me, qui consiste en argent et ne sert qu’à faire circuler les pre-
J » mières, doit toujours être déduite. Trois choses sont nécessaires
» pour mettre l’industrie en activité : des matières sur lesquelles on
») opère, des outils avec lesquels on travaille, et des salaires ou récom-
» penses qui offrent un but à tous les efforts. Or, l’argent n’est ni
\ » une matière première, ni un outil servant au travail; et quoiqu en
'• » général l’ouvrier reçoive son salaire en argent, son revenu net ne
» consiste pas dans ces signes monétaires , mais dans ce qu’ils va-
» lent, non dans les pièces de métal, mais dans ce qu on peut se pro-
» curer avec elles. »
Dans d’autres passages de son livre il soutient que la découverte
des mines d’Amérique, qui multiplient prodigieusement la quantité
du numéraire, n’affaiblit pas l’intérêt qu’on, pay ait pour son usage,
le taux de l’intérêt étant déterminé par les profits qu’on retire de
l’emploi du capital, et non par le nombre ou la quantité des unités
de métal qui servent à en faire circuler les produits.
M. Hume a professé la même opinion.
La valeur des agents monétaires de tout pays conserve toujours
une certaine proportion avec celle des marchandises dont ils opèrent
la circulation. Cette proportion est plus grande dans quelques pays