L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
slaviste russe a été la guerre entreprise par Alexandre II,
en 1877, contre la Turquie, guerre où une victoire complète
aurait à la fois libéré les peuples balkaniques du
joug ottoman et placé sur la tête du Tsar libérateur la
couronne des empereurs de Byzance.
De ce beau rêve, une faible partie fut réalisée :
l’émancipation, incomplète d’ailleurs, de la Bulgarie.
L'histoire actuelle nous révèle combien la politique
d’émancipation des peuples, si populaire dans le Parlement
français, a réussi à la Russie et de quelle reconnaissance
est capable un peuple balkanique émancipé
(*) !
Le Congrès de Berlin, qui a réglé les questions soulevées
par cette guerre russo-turque de 1877-1878, a
ouvert la porte aux ambitions germaniques orientales,
en procurant la Bosnie-Herzégovine à l’Autriche, et a
déclanché la politique impérialiste de la France qui
reçut en même temps l’investiture officieuse de la Tunisie.
Depuis lors, l’Autriche-Hongrie, devenue le satellite
de l’Allemagne, nous apparaît, avec quelle évidence
pour ceux qui suivent le duel diplomatique de l’Autriche
et de la Russie depuis quarante ans, comme son agent
provocateur et sa pointe d’avant-garde pour toutes les
questions balkaniques et orientales.
Quant à l’Allemagne, poursuivant un plan de politique
impérialiste plus complet et plus grandiose qu’aucune
des nations dont nous venons de parler, décidée à
établir sa domination sur tous les peuples de race germanique,
elle à rêvé aussi de donner à cette grande
nation allemande l’hégémonie sur tous les autres
peuples du monde, et d’arracher l’empire des mers à
l’Angleterre.
(+) Cette remarque n’atteint en rien l’héroique Serbie.