to L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
différents peuples reçoit la même ‘définition, il obéit,
dans la pratique, à des visées très dissemblables, provenant
de toutes les contingences objectives et subjectives
qui en modifient l’application pour chaque nation. Les
conceptions impérialistes s’adaptent au tempérament de
chaque peuple, à la nature de sa civilisation, à l’idée
qu’il conçoit de sa mission dans le monde, au but qu’il
poursuit en cherchant à étendre ses possessions et ses
zones d’influence et, au point de vue objectif, elles varient
encore immensément par les progrès matériels et
économiques qu’elles réalisent chez les peuples dominés,
par l’idéal de culture qu’elles propagent, en un mot par
la civilisation dont elles appliquent les principes et
répandent les bienfaits en dehors de leurs frontières.
L’étude approfondie de l’impérialisme chez les grandes
nations n’étant pas notre but essentiel, nous nous contenterons
de présenter ici quelques réflexions générales sur
les impérialismes anglais, allemand et français. Nous
négligeons de parler de la civilisation slave qui ne paraît
pas avoir l’ambition d’être exportée hors des limites
de l’immense Empire moscovite. Il nous paraît également
inutile de nous appesantir sur la civilisation américaine,
qui nous apparaît comme un dérivé de l’anglosaxonne,
avec une accentuation plus démocratique, et
sur la civilisation italienne, parce qu’elle ne comporte
aucun élément qu’on ne trouve représenté dans la civilisation
française. Quant à la civilisation nipponne qui
a emprunté sa force de propagation aux méthodes scientifiques
de l’Occident, son étude n’infirmerait en rien
les considérations que nous devons nous contenter de
développer ici.
Les Allemands qui, dans la guerre actuelle, ont choisi