Full text: Oeuvres complètes

208 PRINCIPES DK l'ÉCONOMIE POLITIQUE. 
» du travail. >• Cette eonelusioii découle du raisonnement suivant : 
« Le paiement définitif des uns aussi bien que des autres retombe 
» en entier sur elles, et toujours avec une surcharge considérable. 11 
» retombe avec plus de poids surtout sur le propriétaire, qui paie dou 
» blement, ou à deux différents titres, comme propriétaire par la ré- 
» duction de son revenu, et comme riche consommateur par l’aug- 
» mentation de sa dépense. L’observation faite par sir Matthew 
» Decker, qu’il y a des impôts qui sont quelquefois répétés et accu- 
« mulés cinq ou six fois dans le prix de certaines marchandises, est 
» parfaitement juste à l’égard des impôts sur les choses nécessaires à 
» la vie. Par exemple, dans le prix du cuir, il faut que vous payiez 
» non-seulement l’impôt sur le cuir des souliers que vous portez, 
» mais encore une partie de cet impôt sur les souliers que portent le 
» cordonnier et le tanneur. 11 faut que vous payiez de plus, pour 
» l’impôt sur le sel, sur le savon et sur les chandelles que consomment 
» ces ouvriers pendant le temps qu’ils emploient à travailler pour 
» vous, et puis encore pour l’impôt sur le cuir qu’usent le faiseur 
» de sel, le faiseur de savon et le faiseur de chandelles, pendant qu’ils 
" travaillent pour ces mêmes ouvriers.» 
Cependant, comme le docteur Smith ne prétend pas que le tanneur, 
le faiseur de sel ou le fabricant de chandelles, tirent l'un ou l’autre 
aucun avantage de l’impôt sur le cuir, le sel, le savon ou les chan 
delles, et comme il est certain que le gouvernement ne reçoit 
jamais que le montant de l’impôt assis, il est impossible de concevoir 
comment il eu pourra être |)ayé davantage par le peuple, quelle que 
soit la classe sur laquelle l’impôt puisse porter. Les riches consomma 
teurs pourront payer et paieront eu effet pour le consommateur 
pauvre, mais ils ne paieront rien au delà du montant de l’impôt, et il 
n’est pas dans la nature des choses que « Vimpôt soit répété et accumulé 
quatre ou cinq fois. » 
Lu système d’impôt peut être vicieux, parce qu’il enlève au peuple 
une somme plus forte que celle qu’il fait entrer dans les colin« de 
l’Ktat, — une partie de cet impôt pouvant, en raison de son effet sur 
les prix, être reçue par les personnes qui profitent du mode parti 
culier de la perception. De tels impôts sont funestes, et l’on ne devrait 
pas les encourager; car on peut poser en principe que toutes les fois 
que l’action d’un impôt est équitable , l’impôt est conforme à la 
première des maximes du docteur Smith, et ôte au peuple le moins 
possible au delà de ce qu’il rapporte au trésor public. M. Say dit : 
« D’autres enfin apportent des plans de finance, et proposent des
	        
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