Contents: L'évolution industrielle de la Belgique

EVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
celui qui ayant la plus forte part a aussi plus d’inté 
rêt à ce que l’exploitation soit bien dirigée ; chacun 
expérimenté ou non, peut se porter opposant à une 
opération reconnue nécessaire par ses associés ; de là 
le désordre, les accidents, les procès saus nombre « (1 ). 
Une lettre du Conseil de Seraing de l’an IX (1802), 
nous donne une idée de la situation des mines à cette 
époque. « Les houillères sont généralement divisées par 
portions entre un certain nombre de propriétaires. 11 
s’en trouve qui ne possèdent qu’une 96 e ou une 192 e 
partie ; d’autres possèdent jusqu’à un et deux tiers de 
l’établissement... Beaucoup de journaliers manquant 
d’emploi cherchent des moyens de vie en fossoyant et 
exploitant quelque charbon à leur profit. Leurs ouvra 
ges n’étant que misérablement établis ne subsistent 
que quelque temps. Le plus léger hasard paralyse 
leurs travaux et en général ces exploitations ne durent 
que peu de temps » (2). 
Toutefois l’entreprise capitaliste s’introduisait petit 
à petit dans l’industrie houillère. La profondeur des 
puits augmentait et les anciennes machines, mues par 
des chevaux, ne suffisaient plus à l’exhaure des eaux 
souterraines. On devait avoir recours aux machines à 
vapeur. Pour cela des sommes considérables étaient 
nécessaires, que les pauvres ouvriers charbonniers 
n’étaient pas en état de fournir. Us devaient recourir 
à de plus puissants qu’eux. Les capitalistes, pour se 
payer de leurs avances exigèrent un tantième dans le 
(1) ThOmassin : 1. c. p. 418. 
(2) Louis Picalausa : Histoire de Seraing, Seraing, 1904. p. 48,
	        
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