184 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
cédait aux secourus le pain, la soupe, des vêtements, des denrées
diverses, de la houille en dessous du prix de revient et parfois gratui-
tement.
À deux reprises, le Comité National fit des distributions extraordi-
naires de vivres et doubla son secours pour des raisons soi-disant
administratives. Des allocations doubles furent parfois distribuées
par l’effort local à d’autres occasions.
Chacun ainsi contribuait à soutenir une population vaillante et
travailleuse, réduite à l’inaction et à la misère.
Enfin, le 19 octobre 1918, au moment où l’armée allemande fléchis-
sait sous l’effort victorieux des armées alliées, le Comité National
annonça une augmentation du barème des secours. L’état de besoin
était augmenté de 50 pour cent. Il partait de 10 fr. 50 au lieu de 7
pour les ménages de une personne, et atteignait 57 fr. 75 pour les
ménages de 10 personnes, au lieu de 35 fr. 50.
En outre, l'intervention du Comité National était également majo-
rée de 50 pour cent, elle pouvait atteindre 6 francs par semaine par
adulte au lieu de 4 francs, 4 fr. 50 par enfant de 10 à 16 ans et 3 francs
par enfant de moins de 10 ans.
Mais on avait laissé aux Comités locaux la faculté d’appliquer ce
nouveau barème, appelé barème B. Il entraînait des charges plus im-
portantes pour eux, en effet, puisqu’ils devaient couvrir la différence
entre le secours à payer et l'intervention du Comité National. Lorsque
cette condition n’était pas remplie, l’ancien barème (barème A) con-
tinuait à être appliqué.
Ce nouveau règlement entra en vigueur le 3 novembre 1918, huit
jours avant l’armistice.
L’armistice ! La fin de l’occupation allemande ! Dans l’opinion de
combien de Belges ce jour fut-il salué avec allégresse ! Combien aussi
pensèrent que c’était la fin du chômage ! Hélas, il fallut bien vite
perdre cette illusion. Le chômage resta non seulement considérable,
mais ne fit qu’augmenter jusqu’au milieu de l’année 1919.
Le premier effet de la cessation des hostilités fut de licencier les
ouvriers ayant travaillé pour les Allemands en Belgique et en Alle-
magne. Beaucoup de ces gens sollicitèrent le Secours Alimentaire.
Le sentiment patriotique, dans beaucoup de Comités, poussa à leur
refuser impitoyablement tout secours. Mais il n’était cependant pas
possible de refuser toute assistance aux femmes et aux enfants. On
accorda donc souvent le pain et la soupe à ces ménages, et l’allocation
complète ne fut accordée qu’après enquête et examen de tous les cas
individuels.
Au mois de décembre 1918, le Comité National fit savoir que le