LA DÉCADENCE DU MÉTIER
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Sombart appelle ce remplacement du bois par le fer,
« la renonciation au procès d’organisation de la nature»
(Verzicht auf den Organisierungsprozess der Xutur)
(1).
L’usage de plus en plus grand du fer est une ruine
pour beaucoup de métiers, par exemple pour la char
penterie «Elle ne s’exerce guère isolément » dit Dessart.
Le recensement industriel de 1896 n'indiquait pour
Liège que quatre ateliers occupant en tout dix per
sonnes L’emploi de plus en plus fréquent du fer dans
les constructions fait obstacle au développement de
cette spécialité (2) Le nombre de charpentiers (maî
tres) a diminué de 75.7 °/ 0 ; celui des tonneliers de
24.5 % Dans cette dernière industrie, le nombre des
ouvriers a augmenté de 13,4 °/ 0 ; ce qui prouve que
l’industrie comme telle ne dépérit pas. mais qu’elle se
transforme. En 1896, six entreprises mécaniques occu
paient 518 ouvriers, c’est-à-dire plus du tiers de tous
]es ouvriers, Les 2017 ateliers de tonnellerie étaient
pour la plupart (1448) des entreprises travaillant sans
l’aide d’aucun personnel (v. IV. p. 368).
Comme cause de la diminution du nombre des arti
sans de la charpenterie et tonnellerie, il faut citer aussi
le fait que différentes entreprises (pii commandaient
avant au dehors les ustensiles nécessaires, les fabri
quent maintenant elles-mêmes. Ainsi, nous rencontrons
parmi les ouvriers des services généraux : 687 char-
0) Sombart : Der moderne Kapitaismus, v. I, p. 44
(2) Commission Nationale de la Petite Bourgeoisie. Enquête écrite,
v. I. La charpenterie-menuiserie à Liège, p. 183