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VERS UNE SOLUTION DU PROBLÈME DES MINORITÉS
BULGARES CONFORME AUX TRAITÉS DE PAIX.
Est-ce que vraiment le problème des minorités est tellement compliqué,
comme on s’efforce de nous le présenter ? Est-il insoluble ? Loin
de là, sa solution est facile et se trouve dans les textes des traités de
paix. Certes le problème est délicat, mais il dépend de la bonne volonté
des Etats signataires à faire honneur à leurs engagements solennels. Au
besoin, la S. D. N. doit user de son autorité pour les obliger.
À suivre le système brutal de l’assimilation par la force des minotités,
on doit se rendre compte que c’est -marcher dans une voie qui
mène à l'opposé du but poursuivi.
Les Etats limitrophes de la Bulgarie devraient se rappeler que,
pas plus tard qu’hier, ils avaient des minorités en Autriche-Hongrie et
en Turquie, Ils l’ont vite oublié pour suivre le même chemin, avec un
chauvinisme maladif, où les lamentations des minorités bulgares se perdent
dans des détours hérissés de baïonnettes. Si l’on veut une paix
réelle, il faut mettre la main à l’ouvrage et leur faire comprendre que
dans la communauté internationale il n’y a pas seulement leurs querelles
mesquines. Ces‘/nouveaux Etats, la Serbie, la Grèce et la Roumanie,
agrandis par des annexions aux dépens des Bulgares doivent voir réglementer
leur suprématie, et être contraints de traiter les minorités sur le
même pied d’égalité que la majorité. La véritable liberté ne connait ni
oppresseurs, ni opprimés; les erreurs ataviques et les préjugés du militarisme
doivent prendre fin par la tolérance envers les divers éléments
nationaux englobés dans un Etat.
Le problème des minorités bulgares acquiert une importance capitale
dans l'ensemble des minorités en Europe. C’est une question, prétend-on,
qui se heurte au principe de la souveraineté et de la non-intervention.
C’est une assertion gratuite.
Sa solution. pratique peut être poursuivie de deux façons:
par l’assimilation forcée d’après la recette - balkanique, par la- balkanisation
de l’Europe centrale ou par l'exécution loyale des traités
de paix, en‘ reconnaissant leurs droits. Dans le premier cas c’est
la guerre civile" latente; dans le second c’est la reconnaissance légale
de la minorité, personne morale, pour la maintenir et la conserver
en pleine liberté de développement dans ses institutions nationales, culturelles,
économiques et sociales. C’est le système rationnel de l’autonomie
administrative comme il devrait être organisé, pour les minorités
bulgares aussi et c’est le seul qui finira par les adapter à la majorité,