Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

70

dans une harmonie où ils puissent collaborer pour le bien commun de
leur nouvelle patrie — sans être molestés dans leurs sentiments les plus
intimes.
L'histoire est là pour nous fournir de multiples exemples que l’assimilation
 violente des nationalités est la source des conflits sanglants
et des révolutions, d’où l’idée nationale tôt ou tard, sort victorieuse. La
dénationalisation brutale qu’on pratique aujourd’hui contre les minorités
bulgares, dans l’état actuel de la civilisation, paraît irréalisable. Forcer
aujourd’hui un homme à renier sa nationalité est un crime abject, autant
qu’une apostasie religieuse obtenue par la question inquisitoriale. Elle
fait surgir des martyrs de leur nationalité, des saints vénérés dont le
pieux souvenir enflamme les conationaux et les remplit d’un mysticisme
aussi fort que celui de martyrs de la foi chrétienne,
Les Etats qui poursuivent ce dessein insensé, ne réussiront qu’à
éloigner les minorités de la vie publique et se créer des ennemis dans
leur propre sein; elles resteront toujours étrangères et se refuseront à
défendre une patrie qui les traite en marâtre. Il est urgent que le printipe
 de l'égalité des nationalités entre franchement dans la vie publique
des Etats modernes; il faut de suite qu’il soit réalisé sans arrière-pensée
£t sans crainte qu’il devienne un élément dissolvant entre les divers
éléments d’un Etat,
Aux coups qui sont assénés à l’Etat bourgeois de droite et
de gauche, de la part des socialistes imbus de la guerre de classes,
et des bolchévistes, d’autre part, le moment est arrivé, où il faut, pour
prévenir une nouvelle catastrophe, rebrousser chemin. Il n’y a que la S,
D. N. qui puisse lui venir en aide par un coup de barre, appuyé sur son
autorité universelle. C’est vrai surtout pour les Etats balkaniques, où les
passions mettent un bandeau sur les yeux des hommes d’Etat les mieux
intentionnés. Il sera un peu difficile de leur faire entendre qu’il est dans
leur propre intérêt, pour la prospérité et la sûreté de l'Etat lui-même, de
se concilier les minorités au lieu de les persécuter, de les traiter doucement
 en égaux, de les protéger pour en faire des citoyens loyaux et
des défenseurs de la patrie. C’est le seul système qui assurera la paix.
L'Etat contemporain doit viser à l’harmonie entre les diverses nationalités
 et à la collaboration des classes, Pour y arriver, il faut qu’il se
débarrasse des soucis des minorités et avoir les mains libres contre
les assauts du communisme, qui promet trompeusement aux masses incultes
 le paradis, Dans cet'ordre d’idées, l’idéal serait la séparation des
minorités comme s’il s'agissait de la séparation de l'Eglise et de l’Etat.
Celui-ci ne pourra se défendre efficacement contre le communisme qu’en
abandonnant l'idée archaïque d’une race dirigeante, une valeur — aujourd'hui
 dépréciée — devant l’égalité des nationalités et ia liberté des consciences.
 Ce n’est qu’à ce prix que l’Europe, travaillée par des idées
subversives, pourra vivre et se maintenir avec son trésor culturel. Aujourd’hui
 plus qu’hier et demain davantage, le volcan qui sommeille dans
les Balkans et dont le cratère se trouve en Macédoine peut faire une
éruption dont les ravages ne pourront être localisés. Les querelles, que
le moyen âge. nous a léguées, les rivalités ravivées par la dernière guerre
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.