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bétail humain, Est-ce contraire à vos lois? Cela leur est dû de par votre
constitution, Accordez-leur ces droits et votis pourrez juger quel élément
de progrès et de paix vous aurez gagné pour votre pays! En les détachant
de leur mère-patrie, vous le leur avez solennellement promis ;
tenez parole et vous aurez des citoyens loyaux à toute épreuve. Allons,
de la tyrannie, vers la liberté !
La crainte qui obscurcit votre jugement est déplacée et c’est cette
peur qui vous pousse aux persécutions, et aux crimes contre les minotités
bulgares. Dans les Balkans, la devise: Liberté, Egalité, Fraternité,
sonne creux. Il ne faut pas qu'on puisse dire que ce sont trois mensonges
magnifiques. Les minorités Bulgares sont à peu près deux millions
d'hommes; en Macédoine serbe, les Bulgares, qu’on appelle
minorité, constituent plus que les trois quarts de la population totale:
ce sont eux la vraie majorité. La Serbie, franchement résolue à revenir à
des meilleurs sentiments, se doit d'abandonner les sentiers tortueux jadis
suivis par Vienne contre elle, pour prendre des méthodes modernes les
seuls qui puissent transformer les Bulgares en citoyens libres, fidèles à
leur patrie, sur un pied d’égalité avec toutes les autres nationalités en
Yougoslavie. Comment les Serbes croient-ils pouvoir, eux 30%,
à peine de la population totale du royaume, dominer sur le reste, et les
exploiter pour toujours ?
Ils espéraient que le temps finirait par assimiler les minorités bulgares;
il s’est montré impuissant contre le sentiment national. Les Bulgares
ne périssent pas, à moins de les exterminer; ils souffrent et dans
ces souffrances ils puisent de nouvelles forces; leur zèle patriotique se
allume et creuse un abîme plus profond entre des peuples frères dont
l'avenir suit les mêmes destinées. La simple négation de ces dangers ne
les supprime pas. Des formules comme: ,Les Balkans aux peuples Balkaniques“,
venant de Belgrade sont vides de sens — et poussent au
désespoir. Il ne s'agit pas de saper les traités de paix; personne ne
pense à les modifier ou à changer les frontières; mais chacun veut et
exige que ces mêmes traités soient appliqués dans leurs stipulations en
faveur des minorités nationales ; c’est la justice même.
Dans cet ordre d'idées, les Balkaniques doivent voir, par exemple,
ce qui se passe autour d'eux, en Tchécoslovaquie et dans les Etats Baltes.
La Tchécoslovaquie s’est montrée d’une culture vraiment supérieure et
au lieu de persécuter la minorité allemande et les autres, elle a tout fait
pour qu’elles se sentent les égaux des Tchèques, parce que la majorité
est persuadée que c’est la consolidation et la prospérité de l'Etat qui
commandent cela. La vie culturelle des minorités a été garantie, leurs
écoles ont été subventionnées par l’Etat même, leurs droits politiques
assurés et nous avons vu des députés, des ministres allemands diriger
la politique de l'Etat. Les Allemands en Tchécoslovaquie ont deux Universités
nationales.
En Bulgarie de même, toutes les minorités, les Turcs avant tout,
jouissent d’une autonomie complète: elles constituent des unités administratives
reconnues par l’Etat, avec leurs propres écoles et propres
mosquées, Les communautés turques élisent leur députés et touchent