Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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nous surprendra à l’improviste comme une éruption de volcan dont il
sera impossible de restreindre le champ de dévastation.
Le peuple Bulgare qui habite à proximité immédiate de la poudrière
 essuyera le premier choc, Nouvel Israël dispersé aux quatre coins
des Balkans, il courbe l’échine sous un joug avilissant, Ses doléances ne
trouvent pas d’écho chez les puissants de ce monde, ennuyés par
tant d’insistance.
À chaque effort pour secouer les chaînes, ses souffrances redoublent,
 le joug s’appesantit. Les minorités bulgares souffrent d'être
les protégées de la S. -D. N. elles deviennent les victimes, La
jeunesse bulgare s'étiole et meurt, l’anathème dans la bouche, contre
ses bourreaux. Et pendant ce temps, il est interdit au monde de savoir
la vérité et d’exprimer un mot de sympathie pour les millions d’êtres
humains, soumis à une tyrannie inhumaine. C’est un crime de lèse-humanité
 perpétré sous les yeux du monde civilisé indifférent et sourd à
léurs appeis.
Devant cette apathie, les femmes macédoniennes elles-mêmes se
sont révoitées. Mentionnons seulement l’exploit—les tyrans le qualifieront
d’assassinat — de Bounéva, la Charlotte Corday macédonnienne, qui en
plein jour à Scopié, après avoir déchargé son -révolver sur .un faut
fonctionnaire serbe le plus cruel inquisiteur de ses compatriotes, se suicidait
 avec la dernière balle, le sourire à la bouche. Ses dernières paroles
en expirant sont sublimes ,Je meurs pour ma Patrie, que j'aime avant
tout!“ C’est les Serbes qui nous l'ont rapporté.
Cependant les Bulgares minoritaires s'adressent à la S. D, N., suprême
 espoir, ne demandent pas grand, chose, ils supplient qu’on lrur
donne les droits élémentaires de l'homme et du citoyen, droits proclamés
il y aura bientôt un siècle et demi par la révolution française. En
premier lieu, nous voudrions que notre vie, nos biens et notre liberté
de conscience ‘fussent garantis. Nous voudrions pouvoir professer notre
religion, parler et prier notre langue maternelle. Aujourd’hui, pour
nous, il ne s’agit pas de droits politiques, il s’agit seulement de pouvoir
traîner uné vie autant que possible humaine. Est ce trop? Est-ce une
raison pour nous exterminer? Au nom de la justice immanente, quel est
notre crime, qui est ici le criminel ?
De nos jours, un facteur dynamique tel que les droits des minorités,
 est une force morale qui renversera tous les obstacles sur son
chemin. C’est une force spirituelle aussi puissante que la croyance religieuse,
 une loi naturelle incoercible: la poursuivre pour l'extirper de
l’âme humaine est vain puisque c’est une loi universelle comme celle
de la gravitation, qui gouverne terre et ciel. L’arrêter est désormais impossible
 ; mieux vaudrait l’utiliser, la canaliser pour le plus grand bien
des peuples et des nations. Les sages voudront la diriger sur les rails
de la réconciliation des peuples par la solidarité internationale propice à
une paix durable.
Les droits des minorités sont de force à renverser les plans les
mieux construits, à déjouer les calculs les plus subtils. .
Elle passera en ouragan sur l’Europe en emportant cette civilisa-
            
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