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»Ce jour; leur attente que l’évolution de notre vie politique intérieure
sapporterait l’ordre et la consolidation dans la situastion
du pays ne se réalisa pas. L'ordre parlementaire et
»toutes les vues politiques reçoivent de plus en plus la marque néga-»tive
dont le peuple et l’Etat subissent à l’heure actuelle seulement les
» dommages. Une telle situation politique, malsaine, dansle pays est non
»Seulement préjudiciable à la vie intérieure et au progrès, mais aussi
sau renforcement de notre prestige et de notre crédit à l’étranger…
Des querelles regrettables et les événements à la Scoupchtina ébranvlèrent
chez le peuple la confiance dans l'utilité de cette institution ;
»l'entente et même les rapports les plus ordinaires entre les partis
»et les particuliers sont devenus absolument impossibles“.
Sa Majesté, le roi Alexandre, reconnait dans ce document solennel
que dix ans n’ont pas suffi à la Serbie pour consolider l’ordre; que les
masses populaires sont exténuées, que le peuple Ini-même est désabusé,
que ni la confiance ni l’union n’existent pas,
Nous prions les membres du Conseil de la S. D. N. de ne pas
jeter au rebut ce précieux document comme une simple pétition des minorités,
provenant d’une source impure. Qu'ils lisent attentivement ce
manifeste signé de la main auguste d’un roi tout puissant et qu’ils
disent en leurs âme et conscience s’il ne confirme pas toutes les
plaintes qui n’ont pas pu franchir le seuil de la S. D. N. Quelle meilleure
preuve pourrions-nous présenter sur la véracité des faits que nous
avançons? Nous permettra-t-on de demander à notre tour, pourquoi ont
été emprisonnés, martyrisés, exécutés ces milliers de Bulgares Macédomiens,
qui ne pouvaient pas supporter que leur pays fût administré
comme une satrapie asiatique ?
Ce qui s’est passé pendant dix ans, à lire le manifeste royal, il n’y
a aucune raison qu’il ne continue pour longtemps si l’on n’y. met pas
le holà.
La victoire des alliés a donné à la Serbie de vastes territoires, mais
elle n’a pas pu leur donner une culture supérieure qui, seule, peut
attirer, réconcilier, assimiler les diverses nationalités, De même, les
alliés ont acquis par là des droits, et assumé des devoirs qu’ils doivent
exercer, Il est de toute évidence qu’abandonnés à leurs oppressenrs, les
minorités bulgares n’ont rien à attendre.
!l a été question dernièrement pendant la 54-me Session du Conseil
de la S. D. N. d’apporter quelques améliorations dans la procédure
des minorités et d’organiser une Commission dans le genre de la Commission
des mandats qui s’en occuperait spécialement. Ce n’est peut-être
pas mal. Mais à suivre le même chemin, On aura les mêmes résultats. En
attendant, on a nommé une commission — encore une, préliminaire
celle-là.
Tout dépendra de l’esprit dont s’inspirera la S, D. N. et de sa
ferme résolution d'amener une amélioration dans la vie lamentable des
minorités bulgares.