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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
fréquentent n’est pas exclusivement habité par eux, ils
vivent côte à côte avec les blancs, les métis et les
mulâtres. Quoi qu’on dise sur leur compte, nous ne conce
vons pas très bien le mépris, la haine qu’ils inspirent à
la masse ; c’est sans doute parce que, plus industrieux,
faisant tous les métiers, ils sont recherchés par tous les
patrons qui ont besoin d’une bonne main-d’œuvre. Nous
n’éprouvons pour les Chinois aucune antipathie, au con
traire, nous les avons toujours vus, généralement honnêtes
et consciencieux ; ils se prêtent à toutes les besognes et,
pourvu que l’on soit juste et bon à leur égard, ils sont
susceptibles de dévouement.
On ne saurait s’imaginer l’énergie et la résistance au
plus dur travail de ces petits hommes. On en rencontre
dans les rues de Lima et du Callao, chargés de fardeaux
qu’aurait peine à soulever un blanc ou un noir d’appa
rence plus robuste. Du lever au coucher du soleil, ils ne
chôment que pour absorber leur maigre pitance qui se
compose le plus souvent d’un peu de poisson et de riz
mal cuit, le tout arrosé d’eau claire.
Achetant de tout, trafiquant sur tout, ces hommes
industrieux et tenaces sont parvenus à se tailler une
petite place dans ce pays ou naguère ils ont débarqué
comme esclaves. A Lima les magasins des Asiaticos sont
aussi nombreux que les magasins de mode français ; ils
font d’excellentes affaires et sont considérés comme des
commerçants honnêtes.
XIV. — Les Quechuas forment la race typique péru
vienne. Comme nous l’avons dit, les Indiens de race pure
fournissent plus de la moitié de la population ; la langue
quechua, qui possède des conjugaisons très bien définies,
est douce, sentimentale et poétique.
Une autre race, celle des Aymaras, occupe, mais dans