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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
au sujet de laquelle ils avaient toujours été en désaccord, 1 cette
région se trouvant à la limite des deux pays ; — elle comprend Thyrée
et la ville d’Anthène, que les Lacédémoniens ont pourtant en leur
possession — ; mais les Lacédémoniens n’ayant pas voulu que l’on
discutât à ce sujet, et s’étant déclarés disposés à conclure la paix,
si on le voulait, aux mêmes conditions que précédemment, les en
voyés argiens obtinrent cependant des Lacédémoniens que l’on con
clût un traité de paix pour 50 ans, mais qu’il serait toujours loi
sible à l’une des deux parties, à un moment où il n’y aurait à
Lacédémone ou Argos ni peste ni guerre, d’exiger un combat sin
gulier au sujet de ce pays, comme cela avait déjà eu lieu précédem
ment, lorsque les deux parties prétendaient avoir triomphé, mais
cependant sans qu’il fût permis de poursuivre ce combat en dehors
des frontières, vers Argos ou vers Lacédémone. Les Lacédémoniens
trouvèrent sans doute que ceci était niais, mais comme ils désiraient
arriver à une solution pacifique avec Argos, ils abandonnèrent leurs
exigences et acceptèrent de faire un traité par écrit. »
Comme on le voit, la proposition d’arbitrage d’Argos dans le dif
férend de Cynurie contient une condition précise, sur la manière
dont l’organisation devait s’en faire ; les parties devaient, ou bien
choisir un troisième Etat comme juge, ou bien aussi, si Sparte le
préférait, nommer un particulier.
Thucydide se réfère à une circonstance précédente où le différend
entre les deux Etats, au sujet de ce pays de Cynurie, qui avait tou
jours été une pomme de discorde entre eux, avait été terminé par
un combat entre un certain nombre d’hommes, choisis des deux
côtés. Hérodote 2 raconte comment les Lacédémoniens et les Argiens
vers l’an 550 av. J. C. se trouvaient prêts à partir en guerre les uns
contre les autres ; cependant, ils tombèrent d’accord pour choisir 300
hommes de chaque armée et les laisser terminer le différend. A la
1 K ai xo jLtèv npÔTov ot ’Apyeîoi f^íouv òíxt\ç emtpoWp ocpíoi yevéofrai r\ èç 7iô\iv
xivà t\ iòicí)TT\v itepl Kuvoupiaç % âei itépi bia^épovxat. — 2 I, 82, cfr. Pau-
sanias II, 20, 7 et X, 9, 12