242
A. RÆDER
circonstances. Les auteurs jouent là, comme sources, un rôle relative
ment plus grand, de sorte que les découvertes accidentelles d’inscrip
tions n’ont plus un rôle aussi prépondérant, sans cependant qu’il faille
en conclure, que de nouvelles découvertes d’inscriptions ne pourraient
venir un jour nous montrer de nombreuses sentences arbitrales, par
exemple pour Athènes, Thèbes ou Corinthe, que nous ne connaissons
pas actuellement.
Pour ces puissances, n’oublions pas non plus que nous ne con
naissons sans doute qu’une faible partie des cas, où l’arbitrage fut
appliqué ou repoussé ; mais en tout cas pour les temps les plus
anciens nous connaissons les cas les plus importants.
Nous allons d’abord voir quelle fut la situation d’Athènes. Dans
les temps anciens, Athènes se présente comme la puissance la mieux
disposée de toutes à utiliser l’arbitrage pour mettre fin à ses diffé
rends avec d’autres Etats. Sur les cinq cas certains où l’arbitrage fut
utilisé au VII e et au VI e siècle, Athènes fut partie dans trois, et chaque
fois dans des affaires qui étaient de la plus haute importance pour
l’Etat. Vers l’an 600 Athènes acceptait de faire trancher son diffé
rend avec Mégare au sujet de Salamine par l’arbitrage de cinq Spar
tiates 1 ; en même temps le tyran tout-puissant de Corinthe, Périandre
mettait fin par un arbitrage au différend d’Athènes et de Mytilène
au sujet de Sigéion 2 qui commandait l’embouchure de l’Hellespont.
Environ cent ans plus tard les Athéniens firent trancher par Corinthe
le différend survenu entre eux et les Thébains au sujet de Platée 3 .
Il est difficile de trouver, dans toute l’histoire de l’arbitrage, un
autre état qui, en un semblable laps de temps, ait fait trancher de
cette manière trois différends aussi importants pour son existence
et sa puissance.
Viennent ensuite au V e siècle les traités de paix avec clause arbi
trale conclus par Athènes avec Sparte en l’an 445 4 et en 421 5 ; en
423 nous avons aussi un traité d’armistice entre les mêmes Etats et
1 n° III. - 2 n° IV. - 3 n° VI. - 4 n° VIH. - 5 n° XII.