Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

A.  RÆDER

dont  les  historiens  ne  pouvaient  se  dispenser  de  parler.  Plus  tard
les  circonstances  sont  tout  autres  ;  et  il  n’y  avait  plus  la  même
nécessité  pour  les  historiens  de  traiter  de  ces  affaires.
Avec  les  éléments  qui  sont  maintenant  à  notre  disposition,  il  est
plus  prudent  d’énoncer  seulement,  que  l’arbitrage  fut  fréquemment
utilisé  dans  les  différends  entre  états  grecs,  depuis  le  milieu  du  VII e
siècle  jusqu’au  milieu  du  second,  par  conséquent  pendant  cinq  cents
ans.  Nous  voyons  l’arbitrage  utilisé  aussi  bien  dans  l’Hellade  que
dans  les  îles  de  la  mer  Egée  et  de  la  mer  Ionienne  ainsi  que  sur
la  côte  de  l’Asie  Mineure  ;  nous  le  retrouvons  aussi  chez  les  Hellènes ­
  de  Sicile.  Les  grands  et  les  petits  Etats  y  ont  recours  :  Athènes,
Sparte,  Corinthe,  et  Thèbes,  les  Ligues  achéenne  et  étolienne,  à  côté
de  villes  tout  à  fait  petites,  comme  la  ville  laconienne  de  Géronthrée
  et  la  ville  thessalienne  de  Mondaia.  Il  en  est  de  même  à
toutes  les  époques  :  Athènes  est  partie  dans  des  affaires  d’arbitrage
à  tous  les  siècles,  du  VII e  au  II e .
2.  PARTIES.
Dans  les  soixante  et  un  cas  qui  donnèrent  naissance  à  des  sentences ­
  arbitrales,  nous  connaissons  les  noms  de  quatre-vingt-trois
différents  états  qui  y  furent  impliqués  comme  parties.  De  ceux-ci
quarante-neuf  étaient  situés  dans  l’Hellade  proprement  dite,  un  dans
les  îles  de  la  mer  Ionienne,  dix-neuf  dans  les  îles  de  la  mer  Egée,
douze  sur  le  continent  de  l’Asie  Mineure,  et  deux  en  Thrace.  Dans
douze  cas  nous  ne  connaissons  que  l’une  des  parties.  Nous  voyons
agir  plus  d’une  fois  comme  partie  :  Athènes  (sept  affaires),  Mélitée
(quatre),  Akraiphée  et  Priène  (trois),  Elis,  Corinthe,  Sparte,  Messène,
Peumata,  Pérée,  la  Ligue  achéenne,  Mytilène,  Gnosse,  Gortyne,
Latos,  Olus,  Mylase  et  Milet  (deux)  ;  le  restant  des  soixante-cinq  Etats
ne  fut  partie  qu’à  une  affaire,  à  notre  connaissance.
Comme  nous  l’avons  dit  plus  haut 1 ,  dans  un  cas  il  n’y  eut  pas
d’arbitrage  parce  que  l’arbitre  désigné  se  récusa  ;  ceci  survint  pour
            
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