LE RÔLE DE L\ MARINE MARCHANDE. . l3
avoué est d’écraser toute concurrence, de dominer à ce point
le marché de la métallurgie qu’il puisse à son gré étouffer,
s’il lui plaît, jusqu’à la faculté de travail partout où il le
jugera utile à ses intérêts. Dans une seule année, ce syndicat
d’accaparement a encaissé plus de 5oo millions de bénéfices !
Et d’autres trusts se préparent, plus formidables encore.
Comment ne pas s’inquiéter de projets tels que ceux dont
certaines brochures, publiées à Philadelphie, entretiennent
les financiers, les industriels et qui consisteraient à unir en
une immense association tous les producteurs de coton des
États-Unis ! S’il se réalisait jamais, le trust des cotons arrê
terait net l’exportation de cette matière première, ruinerait
Manchester, Liverpool, Roubaix, Lille, Tourcoing, les fa
briques de tissus d’Angleterre, de France, d’Allemagne,
jetterait sur le pavé un million d’ouvriers européens, déchaî
nerait une crise économique terrible, uniquement pour per
mettre aux spéculateurs d’Amérique de remplir leurs caisses.
C’est donc à une lutte acharnée contre l’Europe, et par
conséquent contre nous, que s’apprête le Nouveau Monde
en quête des marchés.
« Nous sommes, peut-on lire dans une brochure récem
ment publiée par le Musée commercial de Philadelphie,
nous sommes le plus grand producteur du globe — certai
nement le plus expéditif ; mais à présent, nous nous trou
vons en face de la nécessité de diriger notre énergie et notre
intelligence, qui ont si merveilleusement accru notre capa
cité productive, vers un plus grand développement de nos
débouchés. Nous fabriquons très bien et vite ; à présent, il
faut que nous vendions. Mais où ?
« Le développement de notre commerce avec l’étranger
n’est pas pour nous une affaire de caprice, de simple glo
riole ; en 1900, il est devenu une nécessité sociale, poli
tique et économique »