H4 L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
un employé prussien, en même temps que tous les
États de l’Union étaient indistinctement autorisés à
envoyer des fonctionnai res à cette direction. Du même
coup, le grand-duché empruntait à la Prusse son
système d’impôts à l’intérieur, et souscrivait aux résolutions
communes prises relativement au sel, aux
jeux de cartes, aux patentes, à la taxation du sucre
de betteraves, etc.
Pendant que s’accomplissaient ces diverses accessions,
qui étendaient l’œuvre du 8 mai 1841, pendant
que l’introduction de l’impôt sur le sucre de
betteraves accroissait la puissance financière du Zollverein,
et que tout faisait augurer son avancement
progressif dans les voies paisibles qu’il avait généralement
suivies jusqu’alors, le cours des événements
l’en lit dévier inopinément et suscita un conflit intérieur,
qui le mit à une bien rude épreuve, en menaçant
même plus d’une fois son existence. Le rappel de ces
luttes intestines et de leur résultat final est particulièrement
propre à attester la force de l’idée nationale
animant l’Association : ainsi, loin d’avoir amené
la rupture du lien social, ces luttes l’ont au contraire
affermi et agrandi et ont fait éclore une organisation
nouvelle, où s’est manifestée d’une façon expressive
la correspondance intime des intérêts et des institutions
économiques avec les intérêts et les institutions
de l’ordre politique.
Huit années de coopération avaient suffi à convertir
l’industrie allemande en une industrie véritable-