164 l’allemagne économique.
On a même tenté quelquefois de tourner en ri
dicule le projet en question, en le traitant d’aventu
reux et de chimérique, mais la meilleure réponse
à faire à ces appréciations dédaigneuses se trouve
dans la conduite tenue à cette occasion par le cabi
net de Berlin qui eut bien garde de traiter à la légère
les démarches de l’Autriche et se montra parfaite
ment consciente du péril qu’elles faisaient courir à
la Prusse, ainsi qu’il résulte clairement de toute sa
politique commerciale ultérieure, du traité qui fut
passé avec le Hanovre et plus tard avec la France,
et des efforts qui furent faits ensuite afin de secouer
le traité, conclu avec l’Autriche le 19 février 1853.
Il est vrai toutefois que, quand les vicissitudes et
l'intrigue eurent éloigné de leur poste les hommes
éminents, qui avaient lancé l’idée, le danger dont
se voyait menacée la Prusse diminua notablement,
attendu qu’il manquait à leurs successeurs les fa
cultés et 1 énergie voulues pour faire concourir
toutes les forces à la poursuite du but proposé, et ne
pas même reculer devant les moyens extrêmes, s’ils
pouvaient assurer le succès.
Mais plutôt que de se mettre ostensiblement à la
traverse des visées autrichiennes, qui étaient loin de
l’édifier, la Prusse se borna à résister aux voies et
moyens proposés, en écartant l'entremise de la com
mission fédérale centrale récemment formée, et de
manda qn’un accommodement fût poursuivi directe
ment entre l’Autriche, le Zollverein, le Steuerverein