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et comme la Hesse-Darmstadt repoussa absolument
toute atteinte aux recettes quelle faisait de ce chef,
le projet autrichien succomba, pour la troisième
fois, par suite de cet incident inattendu.
Quelque fondée que pût être en elle-même l’exi
gence du Grand-Duché de Bade, on ne saurait ap
prouver assurément un procédé qui faisait dépendre
le sort d’une amélioration, réclamée par l’intérêt
général, de la réalisation d’une amélioration simi
laire; et toutefois, la pratique s’était si bien accli
matée chez tous les alliés de consulter avant tout
leur avantage propre, de n’accorder qu’une atten
tion distraite aux vœux des autres membres de l’as
sociation, et la méfiance réciproque comme con
séquence naturelle de ces agissements avait si
bien fait son œuvre, que des raisons matérielles ou
des considérations de bonne confraternité ne suffi
saient plus à emporter des déterminations, et qu’un
accord, qui n’aurait pas été imposé par des nécessi
tés urgentes, ne pouvait être établi qu’après la
laborieuse supputation par cha(¡ue participant des
profits et des concessions personnels. C’est donc à
juste titre que toute celte époque a été caractérisée
par certains auteurs comme une époque de stagna-
tion, puisque le Zollverein s’y est montré impuissant
il développer et perfectionner d’une façon essentielle
soit son système, soit sa législation, et puisqu’il n’est
parvenu même à y maintenir son organisme et à y
suivre sa marche régulière qu’au prix des négocia-