PÉRioDK DE 1854 A 1865. 333
vernement aulrichien aux traités intervenus le
caractère de réformes économiques inévitables, que
le Zollverein eût peut-être pu différer pour un
temps au grand détriment de ses intérêts les plus
essentiels, mais auxquelles il ne lui eût plus été
possible de se dérober indéfiniment. Que la Prusse,
placée comme elle était, cherchât à réagir contre
le traité de février, tout le monde devait à la vérité
s y attendre, de telle sorte qu’il restait seulement
à savoir si le moyen auquel elle avait eu recours
à cet effet, en contractant avec la France, était un
moyen légitime ou un moyen condamné par les engagements
antérieurs pris envers l’Autriche. Mais,
sur ce point, les opinions étaient naturellement divisées,
et bien que la circulaire lancée en septembre
1861 par TAulriche n’y eût même pas fait allusion,
celle lacune allait être comblée. C’est le comte
Rechberg, ministre des affaires étrangères d’Autriche
qui se chargea de cette tâche dans un memorandum,
daté du 7 mai 1862 et accompagné
d un écrit introductif, lequel eu fait aussitôt pressentir
le ton décidé, — observant par exemple, non
sans ironie, que si l’on n’y a pas agité le côté politique
de la question, c’est d’une part parce qu’on
suppose que le Gouvernement royal de Prusse n’a
pas voulu provoquer de discussion à cet égard, et
d’autre part, parce que les considérations, qui dans
cet ordre essentiel d’idées se présentent en foule à
l’esprit, ne sauraient échapper a aucun des inté-