PÉRIODE DE 1854 A I860. 30f
industriellement parlant, une supériorité incontes
table. Néanmoins, il n’y avait pas, pour les ouver
tures faites, à compter sur un accueil favorable de
la part de la Prusse, aux yeux de laquelle aucun
avantage matériel, si considérable qu’il fût, ne devait
pouvoir contre-balancer l’intérêt qu’elle avaità con
server sa prédominance dans l’Association, et à eu
tenir l’Autriche éloignée. Mais si la Prusse était par-
laitemenl d’accord avec elle-même sur le parti à
prendre, il lui était plus malaisé d’agir conformé
ment à ses vues ; car, en rejetant d’emblée les pro
positions autrichiennes, elle prêtait par trop à l’ac
cusation de vouloir, à tout prix et sans égard pour
les intérêts tant économiques que fédératifs, mettre
1 Autriche à la porte du Zollverein aussi bien que de
1 Allemagne, et de préférer un rapprochement avec
la France à des relations intimes avec une nation
sœur.
C est pourquoi, sans doute, le ministère prussien,
dans sa réponse du 20 juillet, s’arrêta au biais d’une
lin de non-recevoir, en refusant de passer outre ?i
1 examen des projets autricliiens, par la raison qu’il
se croyait engagé vis-à-vis de la France et en ajou
tant seulement que, même en l’absence des engage
ments contractés, il éprouverait des scrupules à se
rallier à des conceptions, d’après lesquelles le^
nouveaux rapports entre l'Association et l’Autriche
devaient reposer sur le maintien du tarif alors suivi
dans le Zollverein, et qui, selon la Prusse, avait